Législatives 2022: Dans les triangulaires, un "barrage au RN" à géométrie variable

Des panneaux électoraux en vue du premier tour à Saint-Jean-de-Luz (photo d'illustration) (Photo: via Associated Press)
Des panneaux électoraux en vue du premier tour à Saint-Jean-de-Luz (photo d'illustration) (Photo: via Associated Press)

Des panneaux électoraux en vue du premier tour à Saint-Jean-de-Luz (photo d'illustration) (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - Huit triangulaires possibles pour le second tour des législatives, mais combien sur la ligne de départ dimanche? L’éternelle question du barrage au Rassemblement national revient dans plusieurs circonscriptions où le parti de Marine Le Pen est en situation de l’emporter. De quoi susciter des débats, comme d’habitude, particulièrement animés.

C’est dans la première circonscription du Lot-et-Garonne que la situation est la plus simple. “Jamais je ne prendrai le risque de laisser entrer à l’Assemblée nationale un député défendant la haine de l’autre et le repli sur soi”, a estimé Maryse Combres, candidate de la Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et solidaire). Dans un communiqué publié ce mardi 14 juin, l’écologiste arrivée en troisième position derrière le candidat Ensemble Michel Lauzzana (29,6%) et le RN Sébastien Delbosq (27,9%) a donc choisi de faire barrage.

“La configuration de ce premier tour en triangulaire, avec la présence dangereuse d’un candidat de l’extrême droite, ne permet pas de maintenir sereinement une candidature”, poursuit Maryse Combres. “Aux électeurs de gauche, mon message est simple: pas une seule voix ne doit être donnée au Rassemblement national et à la famille politique de l’extrême droite qu’il représente.”

Le sortant LREM n’entend pas renoncer

Dans la circonscription voisine, la 2e de Lot-et-Garonne, le scénario est tout autre. Là, c’est la candidate du RN, Hélène Laporte, qui est arrivée en tête (30,6%) devant le candidat de la Nupes Christophe Courrègelongue (26%) et le député sortant de la majorité présidentielle Alexandre Freschi (25,6%).

Dans un premier temps, lundi 13 juin, le délégué général de LREM, Stanislas Guérini, a salué sur Twitter le retrait du député sortant, “un choix responsable et nécessaire pour faire barrage à l’extrême droite”. Mais mardi 14 juin, l’élu a finalement fait entendre un son de cloche bien différent. “J’entends celles et ceux qui appellent au front républicain. Certains souhaiteraient que nous abdiquions. Nous ne cédons pas aux appareils politiques.”

Pas de retrait, donc, pour la bonne et simple raison que le candidat et sa suppléante estiment être les “seuls capables de battre le RN”.

Le candidat de la Nupes, le socialiste Christophe Courrègelongue, a dénoncé en réaction la “dérive personnelle” du député sortant, “une candidature isolée sans projet sauf celui de sauver sa place”. Et de souligner que le maintien de la candidature d’Alexandre Freschi intervient alors que le député “n’est plus soutenu par ceux qui l’ont porté en 2017”. De facto, outre le tweet de Stanislas Guérini, Jean Dionis, président du Modem dans en Lot-et-Garonne et maire d’Agen, a appelé à voter “sans hésitation” pour le socialiste.

Un maintien par ailleurs fustigé par le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, dans un tweet.

La candidate insoumise persiste

À quelque 500 kilomètres de là, c’est une candidate de La France insoumise qui a décidé de se maintenir malgré la pression de ses alliés. Dans la 2e circonscription de la Nièvre, le RN Julien Guibert (27,8% au premier tour) sera opposé ce dimanche au député sortant LREM Patrice Perrot (26,75%) et à Marie-Anne Guillemain (24,31%). La représentante de la Nupes a décidé d’avoir un bulletin à son nom dans les bureaux de vote pour le deuxième tour. Selon elle, son retrait n’empêcherait pas la victoire d’extrême droite, comme elle l’a exprimé sur son compte Twitter.

Mais comme en Lot-et-Garonne, la démarche de la candidate suscite des remous chez ses alliés. Les responsables d’EELV dans le département Nièvre ont appelé “sans ambiguïté à battre l’extrême droite” en votant pour la majorité présidentielle.

“L’avance du candidat d’extrême droite est notable et il dispose d’une réserve de voix de 5 à 15 %, voire davantage si on considère le comportement ambigu d’un certain nombre de représentants de LR vis-à-vis du RN depuis des mois”, estiment dans un communiqué Vincent Morel et Virginie Charrière, secrétaires départementaux du parti écologiste. “Si le risque de voir notre territoire représenté par un député d’extrême droite est réel, la probabilité de voir la candidate de la Nupes gagner est quasiment nulle, en l’absence de réserve de voix.”

Dans les deux autres triangulaires où le RN est qualifié au deuxième tour, la question du barrage ne se pose pas car il est arrivé en troisième position et ne menace pas de l’emporter. C’est le cas dans la 3e de la Dordogne et 2e du Tarn).

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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