Législatives 2022: La Nupes et Ensemble au coude à coude, un scrutin incertain

Les affiches d'Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, le 17 avril 2022 à Paris (Photo: JOEL SAGET via AFP)
Les affiches d'Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, le 17 avril 2022 à Paris (Photo: JOEL SAGET via AFP)

Les affiches d'Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, le 17 avril 2022 à Paris (Photo: JOEL SAGET via AFP)

POLITIQUE - C’est un drôle de scrutin qui se joue ce dimanche 12 juin, premier tour des élections législatives. Après une élection présidentielle compliquée pour Emmanuel Macron, qui l’a remportée au prix d’un changement de pied programmatique majeur sur le plan de l’écologie, c’est désormais sur sa gauche qu’il se retrouve concurrencé.

À gauche, c’est la renaissance. Des partis ultra-divisés à la présidentielle qui ont passé la campagne pour l’Élysée à s’envoyer des attaques à la figure, réussissent, au lendemain du second tour, en treize jours et treize nuits à s’unir en vues des élections législatives, ce que réclamait leur électorat depuis des mois. Malgré quelques dizaines de dissidences - qui existent aussi pour Ensemble, que vous pourrez retrouver sur cette carte.

Un duel Macron-Mélenchon

Le RN, troisième bloc de la présidentielle a fait le choix très tôt de ne pas partir à la conquête à cette élection, arguant que la majorité actuelle l’emporterait aisément. Une stratégie qui a laissé le champ libre à la Nupes de Jean-Luc Mélenchon qui s’offre un duel avec Emmanuel Macron. La tripartition de la présidentielle en avril s’est transformée en bipolarisation en juin, alors même que l’Insoumis n’était pas présent au second tour de la présidentielle. Une première configuration inédite.

Plus de la moitié des ministres du gouvernement sont candidats à ces élections. Si certains sont bien placés pour l’emporter comme Gérald Darmanin dans le Nord, d’autres sont menacés comme Clément Beaune à Paris ou Amélie de Montchalin en Essonne, comme vous pourrez le voir sur cette carte.

15 ministres candidats, dont Élisabeth Borne

Emmanuel Macron a prévenu les quinze ministres qui se présentent, à commencer par leur cheffe de file, Élisabeth Borne: ceux qui perdent devront quitter le gouvernement. Dans le Calvados, la Nupes et le RN entendent bien déloger la Première ministre, comme vous pourrez le voir dans notre reportage ci-dessous.

Emmanuel Macron et la coalition de partis réunis sous la bannière “Ensemble” (LREM-MoDem-Horizons) conserveront-ils la majorité absolue? C’est la question qui est posée par cette élection. Dans les sondages du premier tour, l’union de la gauche Nupes talonne largement et dépasse parfois la majorité sortante, comme vous pourrez le voir dans notrecompilateur de sondages ci-dessous.

Les deux formations sont au coude à coude. Dimanche 12 juin, il faudra scruter celle qui prendra la tête des résultats nationaux, ce qui donnera une dynamique en vue du second tour du 19 juin. L’enjeu clé de la semaine d’entre-deux-tours sera les reports de voix et la capacité de chaque camp à mobiliser les électeurs.

Jean-Luc Mélenchon rêve d’entrer à Matignon. C’est comme ça qu’il a fait campagne, par le slogan peu conforme aux institutions - un Premier ministre est nommé - mais efficace, “Élisez-moi Premier ministre”.

À l’extrême droite, Éric Zemmour continue de perturber le jeu de Marine Le Pen. Il a présenté des candidats Reconquête! dans cinq cents circonscriptions, et si ses chances sont minces d’obtenir un groupe - quinze députés -, l’ex-journaliste entend bien entrer à l’Assemblée par la circonscription de Saint-Tropez, la 4e du Var où nous sommes allés observer le match à trois qui se joue avec la députée sortante LREM Sereine Mauborgne, comme vous pourrez le voir dans la vidéo ci-dessous.

Les Français vont-ils s’intéresser à cette élection, eux qui s’étaient massivement abstenus en 2017 avec 53% et 56% à chaque tour? C’est l’enjeu clé de ce scrutin incertain. À Paris, dans la 18e circonscription, le duel est serré entre le chroniqueur télé investi par la Nupes, Aymeric Caron et le député sortant Horizons, Pierre-Yves Bournazel, comme vous pourrez le lire dans ce reportage. À quelques jours du premier tour, la campagne battait son plein pour tenter de convaincre les indécis et de rappeler les dates du vote qui n’intéresse pas beaucoup sur place.

Vers une cohabitation?

Dans le dernier sondage YouGov du HuffPost, les Français étaient très peu nombreux à croire à la majorité absolue pour Emmanuel Macron: trois Français sur dix seulement pensent que cet objectif est atteignable. Ils sont presque autant à penser que Jean-Luc Mélenchon ne peut pas être Premier ministre (68%). Une configuration qui pourrait amener dans la future assemblée des groupes importants pour Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, sans qu’aucune majorité ne se dessine. Ce qui serait inédit depuis la création du quinquennat et l’inversion du calendrier qui placent les législatives après la présidentielle en l’an 2000.

Plusieurs options s’ouvriront alors à Emmanuel Macron: gouverner avec la droite si elle est assez nombreuse au parlement et qu’elle accepte ; tenter de s’allier avec la Nupes ou une partie d’entre elle ce qui semble complexe, dissoudre l’Assemblée nationale et y injecter une dose de proportionnelle très réclamée ou encore tenter de faire passer des textes consensuels en espérant des alliances de circonstances.

S’il y avait cohabitation - une situation que les sondages de 1997 n’avaient pas prévue - nous nous retrouverions dans un cas institutionnel qui s’est déjà produit à trois reprises sous la Ve République: en 1986 et 1993 sous François Mitterrand avec Jacques Chirac, puis Édouard Balladur à Matignon et en 1997 avec Jacques Chirac à l’Élysée et Lionel Jospin à Matignon. L’historien Jean Garrigues nous a raconté, sur les bords de Seine à Paris, trois anecdotes de ces périodes, parfois tendues entre les deux têtes de l’exécutif, comme vous pourrez le voir dans la vidéo ci-dessous.

Au terme de cette élection, il faudra observer qui aura la majorité, quelle sera la première force d’opposition à quel point l’Assemblée nationale s’est renouvelée. Parmi les candidats emblématiques qui ont fait parler d’eux, le boulanger investi par la Nupes dans le Doubs, Sébastien Ravacley. Nous l’avons suivi sur les marchés pour distribuer ses tracts et dans sa boulangerie, tôt le matin. C’est lui qui s’était battu par une grève de la faim pour conserver son apprenti menacé d’expulsion. Voir notre reportage sur place dans la vidéo ci-dessous:

Dernière chose, les bureaux de vote fermeront plus tôt qu’à la présidentielle: la plupart à 18h, contre 19h ou 20h au printemps. Toutes les infos ici. Le HuffPost vous fera vivre la soirée électorale dimanche 12 juin avec tous les résultats, des analyses et des reportages vidéos.

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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