Législatives 2022: NUPES ou pas? Comment ces candidats brouillent les pistes

Ils sont candidats de la NUPES, mais vous ne le saurez pas forcément (Photo: via Associated Press)
Ils sont candidats de la NUPES, mais vous ne le saurez pas forcément (Photo: via Associated Press)

Ils sont candidats de la NUPES, mais vous ne le saurez pas forcément (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - Cachez cette NUPES que je ne saurais voir. Le premier tour des élections législatives approche et il est toujours aussi difficile de déceler l’appartenance politique de certains candidats. Sur le terrain en tout cas.

À droite, rares sont ceux qui placardent en grand le logo des Républicains sur leurs tracts ou affiches. Les prétendants puisent plutôt dans la formule: “le candidat de la droite, du centre et de la société civile.” Dans la majorité, Richard Ferrand s’inquiétait à la mi-mai de ne pas assez voir Emmanuel Macron sur les visuels des troupes du chef de l’Etat.

Une question de “clarté”, selon le président de l’Assemblée nationale... qui semble également se poser à gauche. Une poignée de candidats, notamment chez les députés sortants socialistes, investis par l’union conclue entre les Insoumis, le PCF, le PS et ELLV, sont tentés de gommer tout lien avec cette fameuse NUPES. Quitte à brouiller les pistes sur leur décision en cas de victoire.

50 nuances de NUPES

Certains ont annoncé la (non) couleur dès le départ. C’est le cas par exemple de Dominique Potier. Le sortant socialiste qui brigue un troisième mandat en Meurthe-et-Moselle a refusé l’investiture de la nouvelle union populaire écologique et sociale dès son annonce. Même chose pour Jean-Louis Bricout, un ancien socialiste de l’Aisne. S’ils ne souhaitent pas s’engager autour du programme largement inspiré par celui des Insoumis, ni porter Jean-Luc Mélenchon à Matignon en cas de victoire, ces deux profils n’ont pas de candidats de la NUPES face à eux.

Dans ce contexte incertain, à l’heure où la recomposition politique continue son œuvre, d’autres préfèrent entretenir le flou. C’est le cas par exemple de Valérie Rabault. Un temps hostile aux tractations la cheffe des députés socialistes se revendique désormais de l’accord des gauches... avec quelques subtilités.

Diffusé autour du 20 mai sur les réseaux sociaux, un tract montre que la députée sortante du Tarn-et-Garonne utilise le “V” dessiné pour être le logo de l’union -sans la mentionner nulle part- en guise d’initiale à son prénom. Un peu de NUPES mais pas trop.

Et puis il y a ceux qui restent silencieux. Sur le papier, Marietta Karamanli dans la Sarthe ou Guillaume Garot en Mayenne sont bien les chefs de file investis par la NUPES. Ils n’ont pas formellement refusé l’étiquette. La première, qui brigue un quatrième mandat, est même confrontée à une candidate dissidente téléguidée par le maire du Mans Stéphane Le Foll, notoirement hostile à cet accord.

Pourtant, bien malin celui qui trouvera une mention à l’union des gauches formée autour de Jean-Luc Mélenchon sur les visuels de ces candidats, dans leurs déclarations publiques, sur leurs tracts ou sur leurs sites de campagne. Silence radio.

Mélenchon à la carte

En réalité, tous ces députés sortants ont un point commun: ils comptent sur leur ancrage local, leur expérience et leur nom pour se faire ré-élire. Et ce, en repoussant la figure des Insoumis et de leur leader pour garder une forme d’indépendance tout en évitant d’assumer certaines divergences. Une sorte de flou artistique, mais surtout stratégique.

Dans ce même esprit, d’autres candidats plutôt écolos ou communistes choisissent de se faire discrets sur leur lien avec Jean-Luc Mélenchon, sans toutefois remettre en cause leur appartenance à la NUPES. Parmi les plus connus du grand public, Cédric Villani. L’ancien député-marcheur, exclu de LREM et candidat à sa réélection en Essonne, fait figurer le troisième homme de la présidentielle... nulle part. Le logo de la nouvelle union, oui, Mélenchon, non.

C’est à la libre appréciation des candidats, ce sont eux “qui choisissent in fine” parmi des éléments à la carte, expliquait Hélène Tardy, une des cadres EELV au Parisien à la mi-mai. À tel point que le mathématicien a, un temps, envisagé d’utiliser l’image du chef des Insoumis uniquement dans certaines zones de sa circonscription, comme l’explique Libération. Avec un but: “Motiver les électeurs aux Ulis (une commune qui a plébiscité Mélenchon à la présidentielle NDLR) et les rassurer dans les autres communes.”

Une clarté à géométrie variable, donc, propice à entretenir le doute des électeurs... jusqu’aux derniers jours de la campagne? Selon Le Parisien, les partis unionistes se sont accordés sur une charte commune pour les documents officiels, les affiches et les professions de foi. Devront y figurer le logo de l’union et celui de chaque parti qui la forme. À moins que certains choisissent d’éviter, à nouveau, cette mise à NUPES.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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