Législatives 2022 : Macron et Mélenchon en duel ouvert

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Le jour de la cérémonie d'investiture du président réélu, Jean-Luc Mélenchon présente la liste des candidats aux législatives de sa nouvelle union populaire, ce samedi 7 mai.

POLITIQUE - Un match qu’il attendait depuis longtemps. Jean-Luc Mélenchon a passé cinq ans dans l’opposition, de 2017 à 2022, avec un petit groupe de 17 députés insoumis qui a souvent fait plus de bruit que l’ensemble des autres parlementaires.

Aujourd’hui, le député des Bouches-du-Rhône, fort de ses 22% au premier tour de la présidentielle et de l’accord électoral scellé avec les autres formations de gauche, entend bien être premier ministre et imposer une cohabitation à Emmanuel Macron, réélu le 24 avril et investi ce samedi 7 mai.

Le Pen loin du match

Un match qui se joue d’autant plus facilement que Marine Le Pen, elle, n’entend pas y participer. La responsable du RN est partie en congés et ne reviendra que la semaine prochaine pour tout de même des déplacements de terrain et de soutien à ses candidats.

Dans un drôle de paradoxe, l’ex-candidate à la présidentielle qui, elle, a été qualifiée au second tour de la présidentielle, semble laisser le champ libre à ses deux adversaires, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon qui constituent avec elle la nouvelle tripartition de la vie politique française depuis le 10 avril.

Si elle se représente dans sa circonscription du Pas-de-Calais, la responsable du RN ne compte pas remporter ces législatives. “Marine Le Pen ne veut pas être Première ministre d’Emmanuel Macron”, assumait, sur France info, vendredi 6 mai, le président du RN par intérim, Jordan Bardella.

Comme si le parti d’extrême droite partait perdant à ces élections, l’eurodéputé RN prédit: “Je vous le dis, Emmanuel Macron va avoir sa majorité, si Marine Le Pen avait été élue, elle aurait eu sa majorité. La question c’est: quelle opposition va avoir Macron pendant cinq ans?”. “La seule opposition qui maintient l’ordre dans le pays et assure la représentation des Français, c’est nous”, insiste-t-il.

Je vous le dis, Emmanuel Macron va avoir sa majorité.Jordan Bardella, président du RN par intérim

Jean-Luc Mélenchon, lui ne vise pas l’opposition, mais bien Matignon. C’est ainsi qu’il a lancé sa campagne pour les législatives, en plein entre-deux-tours, prenant de cours l’ensemble de ses concurrents avec cette formule, bien trouvée, mais limite sur le plan institutionnel: “Élisez-moi Premier ministre”, sur BFMTV, le 19 avril dernier. Selon la constitution, les Premiers ministres sont bien nommés par le président de la République et les législatives constituent 577 élections dans tout le pays.

Jean-Luc Mélenchon le sait, mais il personnalise à outrance ces élections afin de mobiliser les électeurs qui se sont portés sur son nom, ainsi que les potentiels abstentionnistes pour un scrutin traditionnellement plus boudé par les électeurs que la présidentielle. En 2017, ils étaient 57% à s’abstenir au second tour des législatives.

Dans ce contexte, la journée du samedi 7 mai prend toute une symbolique. Arrêté de longue date par la France Insoumise pour dévoiler les noms de ses candidats aux élections législatives, un rassemblement se tient à Aubervilliers le 7 mai, à 14 heures, en présence d’autres forces de gauche de la Nupes.

Un peu avant, le même jour, à 11 heures, c’est la cérémonie d’investiture d’Emmanuel Macron, à l’Élysée, qui occupera les ondes et les antennes. “Ils nous copient souvent, ça montre qu’ils sont très inquiets”, a déclaré devant la presse, le 3 mai, le député insoumis Éric Coquerel en apprenant la décision élyséenne. “On a installé le match", se félicite auprès du HuffPost, Manuel Bompard, à la veille de ce rendez-vous. "C’est la principale vertu du travail que nous avons fait depuis deux semaines: on refait exister les législatives et on installe la possibilité de pouvoir les gagner".

Ils nous copient souvent, ça montre qu’ils sont très inquiets.Eric Coquerel, député insoumis, devant la presse le 3 mai

“Il n’y a pas de signification politique particulière dans le choix de cette date”, évacuait l’Élysée en marge de l’organisation de la cérémonie d’investiture qui aura lieu cinq ans jour jour après la première élection d’Emmanuel Macron, le 7 mai 2017, ce qui n’est pas anodin.

Le choix du samedi est aussi entré en ligne de compte, “comme Jacques Chirac et François Mitterrand”, précise l’Élysée, en référence aux deux réélections qui ont précédé dans l’Histoire de la Ve République, avant Emmanuel Macron, au suffrage universel direct.

“On ne voulait pas l’organiser le 8 mai pour ne pas mélanger les variables”, précisait-on encore, à propos de la commémoration de l’armistice de la Seconde Guerre mondiale, le lendemain. “C’était la date qui convenait le mieux avant le 13 mai, date de la fin du premier mandat du président”, poursuivait un conseiller de l’exécutif, en réfutant tout lien avec le grand raout de Jean-Luc Mélenchon que le président sortant contribuera à atténuer ou à rendre encore plus visible...

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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