Législatives 2022: Macron finit par descendre dans l'arène

Emmanuel Macron photographié à l'Élysée le 7 juin (illustration) (Photo: REUTERS/Sarah Meyssonnier)
Emmanuel Macron photographié à l'Élysée le 7 juin (illustration) (Photo: REUTERS/Sarah Meyssonnier)

Emmanuel Macron photographié à l'Élysée le 7 juin (illustration) (Photo: REUTERS/Sarah Meyssonnier)

POLITIQUE - Officiellement, ce ne sont que des déplacements thématiques, éloignés de toute considération électorale. Politiquement, difficile de prendre ces séquences autrement que comme un coup de pouce à la majorité, dans un contexte électoral miné par plusieurs polémiques, du fiasco du Stade de France à l’embarrassant dossier Damien Abad, qui sont venues polluer les premiers pas (timides) du second quinquennat d’Emmanuel Macron, accusé d’avoir voulu anesthésier les élections législatives.

Ce mercredi 8 juin, le chef de l’État sera en Seine-Saint-Denis, pour une sortie placée sous le signe de la jeunesse et du sport. L’occasion pour le président de la République de mettre en lumière le déploiement du Pass’Sport, dans un territoire où Jean-Luc Mélenchon est largement arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle.

Le lendemain, il est attendu à Gaillac dans le Tarn où, là aussi, le chef de file de la NUPES est arrivé en tête le 10 avril. Un déplacement cette fois consacré à la “sécurité du quotidien en zone gendarmerie”, à l’heure où l’insoumis fait polémique après des propos jugés anti-police.

La NUPES en embuscade

Emmanuel Macron détaillera sur place le déploiement de 200 nouvelles brigades de gendarmerie sur l’ensemble du territoire, dont trois dans ce département. Au-delà des annonces, la majorité espère que le chef de l’État enverra un signal fort en vue des élections législatives. Cité par Le Point, un macroniste attend qu’il prononce sur place “son discours de Verdun-sur-le-Doubs”, en référence à celui de Valéry Giscard d’Estaing avant les législatives de 1978 invitant les Français à “faire le bon choix édicté par le bon sens”. Comprendre: éviter une cohabitation.

Car c’est justement ce que souhaite imposer Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron, et les sondages (bien que toujours favorables à la majorité) commencent à donner des sueurs des froides en Macronie, où on choisit désormais de dramatiser les enjeux du scrutin, en promettant un cataclysme en cas de victoire de la NUPES le 19 juin.

Des attaques qui font sourire du côté de la NUPES. “Me voilà repeint en Chavez gaulois. Ça fait de moi un gallo-gauchiste, je suis content! J’étais islamo-gauchiste jusqu’à une date récente”, s’est récemment amusé Jean-Luc Mélenchon, qui a réussi son pari de s’imposer comme la principale alternative à Emmanuel Macron après le 2e tour, à l’inverse du RN.

Un duel que le chef de file de la NUPES met en scène à la moindre occasion. Mardi 7 juin, c’est la décision du Conseil d’État d’ordonner au ministère de l’Intérieur de comptabiliser la coalition de gauche comme une nuance à part entière dans les résultats qui a offert à l’Insoumis une victoire dans le match qu’il souhaite installer. Ce mercredi, Jean-Luc Mélenchon va dans le Calvados, pour entretenir son duel avec la première ministre Élisabeth Borne, vivement critiquée après sa réponse maladroite à une personne souffrant d’un handicap.

La menace d’une victoire étriquée

D’autant que les résultats chez les Français de l’étranger, actant la lourde défaite de Manuel Valls et offrant des duels LREM-NUPES à peu près partout, donnent de l’espoir à Jean-Luc Mélenchon, qui voit sa stratégie de “troisième tour” confirmée dans les urnes. Mais pas de quoi, à ce stade, en faire un vainqueur le soir du 19 juin.

À ce sujet, et malgré les cris d’orfraie, la majorité craint moins le scénario (très hypothétique) d’une cohabitation que celui (bien plus crédible) d’une victoire étriquée débouchant sur une majorité relative au Palais Bourbon. Ce qui offrirait à Édouard Philippe et à ses troupes un pouvoir de nuisance dont se passerait bien la Macronie.

D’où la nécessité d’accélérer en cette fin de campagne pour Emmanuel Macron, son nébuleux “Conseil national de la refondation” sorti du chapeau n’ayant pas permis à ses troupes de reprendre la main.

À voir également sur Le HuffPost: Législatives: quand Bruno Le Maire ne soutenait pas (du tout) Manuel Valls

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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