Législatives 2022: dates, campagne, enjeux, ce qu'il faut savoir

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Dates, enjeux, candidats, alliances... Tout ce qu'il faut savoir des élections législatives des 12 et 19 juin prochains (photo d'archive prise en octobre 2021). (Photo: Andrea Savorani Neri / NurPhoto / Getty Images)
Dates, enjeux, candidats, alliances... Tout ce qu'il faut savoir des élections législatives des 12 et 19 juin prochains (photo d'archive prise en octobre 2021). (Photo: Andrea Savorani Neri / NurPhoto / Getty Images)

Dates, enjeux, candidats, alliances... Tout ce qu'il faut savoir des élections législatives des 12 et 19 juin prochains (photo d'archive prise en octobre 2021). (Photo: Andrea Savorani Neri / NurPhoto / Getty Images)

PRÉSIDENTIELLE 2022 - Elles doivent être le “troisième tour” tant attendu par les vaincus de la présidentielle. Depuis 20 heures dimanche 24 avril et les minutes qui ont suivi l’annonce de la réélection d’Emmanuel Macron, les élections législatives sont sur pratiquement toutes les lèvres.

Jean-Luc Mélenchon y voit un moyen de se faire ”élire Premier ministre” pour incarner l’opposition au président et une gauche unifiée, Les Républicains espèrent s’y relever de l’échec historique de Valérie Pécresse, et l’extrême droite veut y confirmer cette deuxième participation consécutive au second tour de la présidentielle.

Quant au chef de l’État réélu, il sait que sans une nouvelle victoire lors du scrutin législatif, sa victoire arrachée dimanche en grande partie grâce au “barrage contre l’extrême droite” demeurera une futilité (ou presque). Bref, les enjeux sont nombreux. Le HuffPost vous résume tout ce qu’il faut savoir, et tout ce que l’on sait, de ce scrutin décisif.

  • Double échéance en juin

Précisons d’emblée que comme l’élection présidentielle, les législatives sont un scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Cela signifie que l’on vote pour une seule personne, et que si aucun candidat n’obtient de majorité absolue au premier tour (avec au moins 25% des inscrits, ce qui peut poser problème en cas de très forte abstention), un second est organisé. Ces deux scrutins auront lieu les 12 et 19 juin prochains.

L’enjeu des législatives est de désigner les 577 députés qui siégeront pendant cinq ans à l’Assemblée nationale: 566 pour des circonscriptions de l’Hexagone et des Outre-mer, et 11 représentants des Français établis à l’étranger (regroupés par zones géographiques). À noter qu’au contraire de la présidentielle, il peut y avoir plus de deux finalistes. Tous les candidats qui ont obtenu au moins 12,5% des voix des inscrits (pas uniquement des votants donc, puisque cela inclut aussi ceux qui s’abstiennent) peuvent se maintenir au second tour. Ce qui peut donner lieu à des triangulaires (il n’y en avait une qu’une en 2017), voire plus rarement à des quadrangulaires.

Voilà pour le déroulé. Et pour ce qui est des votants, ils ont jusqu’au mercredi 4 mai pour s’inscrire en ligne sur les lignes électorales (s’ils ne le sont pas déjà) ou jusqu’au 6 pour déposer un dossier en mairie. Pour la Polynésie, qui votera une semaine avant l’Hexagone, ces dates sont logiquement avancées de sept jours, et pour les Français de l’étranger, il faudra s’inscrire en ligne avant le 29 avril.

  • Un sprint de deux mois

Autres questions cruciales: Qui sera candidat, et où?. Comme le précise le code électoral, les aspirants députés doivent déposer personnellement (ou via leur suppléant) leur déclaration de candidature en préfecture entre le lundi 16 et le vendredi 20 mai 2022. Puis pour ceux qualifiés pour le second tour, même processus entre le 13 et le 14 juin, ce qui peut permettre à certains qualifiés de se désister, que ce soit en raison d’accords entre partis ou pour faire barrage à certaines formations extrémistes par exemple.

À partir de là, certains élus très ancrés localement remettront leur siège en jeu, d’autres personnalités tenteront d’aller conquérir une terre historiquement aux mains de tel ou tel parti, ou d’aller faire fructifier le score de leur formation à la présidentielle dans un coin de France. Et certaines figures d’ampleur nationale chercheront à assurer leur présence à l’Assemblée pour les cinq prochaines années en se présentant dans une circonscription particulièrement favorable. Le fameux “parachutage”.

C’est ainsi que Marine Le Pen a par exemple créé de toutes pièces son “enracinement” à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. C’est dans cette petite commune ouvrière, où l’extrême droite ne faisait que progresser au début du siècle, qu’elle a choisi de poser ses valises en 2007. Un schéma que l’on retrouve chez tous les partis et pour toutes les couleurs politiques, des personnalités de premier plan se retrouvant à chaque élection à se présenter sur un territoire où elles n’ont aucune attache réelle.

Pour ce scrutin de juin, l’écologiste Sandrine Rousseau, historiquement implantée dans le Nord où elle avait des responsabilités professionnelles à l’université de Lille, va par exemple se présenter à Paris où le vote écologique est très puissant. Même chose pour Jean-Luc Mélenchon, qui après avoir été élu à Marseille en 2017 (où il n’avait aucune accroche) songerait actuellement à revenir dans la capitale (s’il décide de rempiler), plus près de l’Essonne où il a construit tout son début de carrière politique.

  • Rebelote ou recomposition?

Maintenant que l’on a les acteurs et les conditions du scrutin, revenons aux enjeux. Car au sortir d’une élection présidentielle très particulière, qui a vu Emmanuel Macron être réélu pour cinq ans, l’extrême droite se rapprocher encore un peu plus du pouvoir et Jean-Luc Mélenchon incarner une perspective d’union à gauche, chaque force politique fait face à son propre défi.

Durant son premier quinquennat, Emmanuel Macron a pu s’appuyer sur une solide majorité: près de 270 députés marcheurs (ils étaient près de 300 au soir de l’élection), une grosse cinquantaine d’alliés centristes et une vingtaine au centre-droit. Soit quelque 350 élus sur 577. L’objectif de ces législatives sera donc d’obtenir une nouvelle majorité, la plus large possible. Car c’est l’Assemblée nationale qui accorde sa confiance au gouvernement et qui choisit donc le Premier ministre. Si le chef de l’État obtient une majorité en juin, il pourra alors gouverner pendant cinq ans. Sans, il devra faire des concessions, voire vivre en cohabitation avec un chef de gouvernement d’opposition.

Et c’est bien là l’objectif de ses poursuivants du premier tour, qu’ils soient d’extrême droite ou de la gauche radicale. Forts de leurs scores à la présidentielle, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon espèrent tous deux sortir vainqueur des législatives. Mais il leur faudra pour cela constituer des alliances. À gauche, la France insoumise cherche déjà à faire des législatives le “troisième tour” et donc à construire sur la dynamique du scrutin présidentiel en rassemblant au maximum, que ce soit parmi les écologistes, les socialistes... À l’extrême droite, dans un scrutin historiquement défavorable pour le RN, l’enjeu pour les troupes de Marine Le Pen sera de résister à la poussée du mouvement “Reconquête” d’Éric Zemmour, qui compte bien jouer sur ses plates-bandes, tout en gagnant enfin un nombre important de circonscriptions.

Enfin, pour les vaincus de la présidentielle (écologistes, socialistes et LR), toute la difficulté sera de continuer à exister. Car chacun de ces partis sera tiraillé entre l’envie d’exister par lui-même, quitte à tout perdre (le financement des partis se joue en grande partie sur cette échéance), et celle de se rallier à un parti mieux placé pour gouverner. À cet égard, Les Républicains, qui disposent pour l’heure de 101 députés et d’une majorité au Sénat sont un exemple éloquent. Entre ceux qui voient dans l’humiliante déroute de Valérie Pécresse le signe d’un changement d’ère et le besoin de se rallier à LREM, et ceux qui veulent retrouver la gloire passée et profiter d’un ancrage local persistant pour incarner l’opposition, la lutte promet d’être ardue au cours des prochaines semaines. Et pourrait même faire basculer l’issue des législatives.

À voir également sur le HuffPost: Au QG de Marine Le Pen, des militants “déçus” mais “prêts à continuer le combat”

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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