Législatives 2022: Anne-France Brunet, investie par LREM malgré les accusations

La députée LREM Anne-France Brunet, mardi 10 mai à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) (Photo: Le HuffPost)
La députée LREM Anne-France Brunet, mardi 10 mai à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) (Photo: Le HuffPost)

La députée LREM Anne-France Brunet, mardi 10 mai à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) (Photo: Le HuffPost)

ENQUÊTE - “Si on veut gagner, à un moment il faut qu’on mette des gens qui tiennent la route”. Le constat amer est dressé par une ancienne collaboratrice de la députée LREM, Anne-France Brunet, qui a souffert, comme d’autres, de ses méthodes managériales.

LeHuffPost a recueilli cette semaine cinq témoignages accablants contre l’élue - dont certains ont déjà été portés à la connaissance de nos confrères de Médiacités. Tous, membres de son équipe entre 2017 et 2018, font état de souffrance au travail qui pourrait s’apparenter à du harcèlement moral. Un témoignage fait même état de violences physiques.

Anne-France Brunet, a été investie en 2017 députée LREM par un parti soucieux de pousser sur la scène politique des personnalités qui n’en avaient jamais fait. Cinq ans plus tard, elle est réinvestie par le parti dans la 3e circonscription de Loire-Atlantique, et ce, malgré ces collaborateurs qui décrivent des conditions de travail problématiques.

Le 3 mai 2022, une plainte a même été envoyée au procureur de la République de Nantes par l’avocat de Camille Jaffrelo, collaboratrice de janvier à juillet 2018 auprès d’Anne-France Brunet, pour “harcèlement” et “violences”. L’AFP l’a dévoilée le vendredi 7 mai, veille de la confirmation de l’investiture de la députée aux élections législatives de 2022.

Interrogée par Le HuffPost, le 10 mai dernier, alors qu’elle se rend à la journée de formation des candidats LREM, la députée sortante répond: “Je n’ai jamais commis de violence et ça ne fait pas du tout partie de mes valeurs. Être violent, au niveau verbal ou physique, je réprouve totalement”, comme vous pourrez le voir dans cette vidéo:

Scène violente dans la permanence parlementaire

“En voyant cette vidéo, je suis tombée de ma chaise”, a déclaré Camille Jaffrelo qui nous a appelés dans la foulée, en pleurs. Elle voulait nous “raconter son histoire” et nous expliquer les raisons de sa plainte. Camille Jaffrelo décrit une scène de violence dans les locaux de la permanence parlementaire. Elle raconte avoir été “prise de force” par Anne-France Brunet le 31 juillet 2018, “plaquée contre un pylône de la permanence” où elles avaient rendez-vous pour le dernier jour de contrat, en CDD, de Camille Jaffrelo.

Leur différend? La remise des documents de fin de contrat -dont le solde de tout compte- que la collaboratrice a refusé de signer. “Il me manquait mes frais kilométriques, mes déplacements en train pour Paris et onze jours de travail non payés”, explique auprès du HuffPost la jeune femme de 27 ans, désormais dans le privé. À l’AFP, son avocat a précisé que la scène aurait occasionné une fracture d’un os du pied, constatée par certificat médical.

J’ai entendu le ton monter. Camille disait: ‘Lâche-moi, pourquoi tu me serres comme ça? Tu me fais mal!’Joséphine*, présente dans la permanence le 31 juillet 2018

Contactée par Le HuffPost jeudi 12 mai, la députée Brunet “nie de manière ferme toute violence et tout harcèlement”. “Il n’y a pas eu d’altercation”, conteste l’élue en référence à cet épisode. “Je ne l’ai jamais touchée”, poursuit-elle avant de détailler sa version des faits: “Je lui ai repris les documents des mains, et à ce moment-là elle s’est mise à crier de manière hystérique”. “Mon avocat s’est saisi de cette affaire, je porte plainte pour dénonciation calomnieuse, je vous enverrai un communiqué de presse à ce moment-là”, a-t-elle ajouté.

L’une des collaboratrices, qui souhaite conserver l’anonymat et que nous appellerons Joséphine*, alors en CDI, est présente dans la permanence au moment des faits. Elle nous confie avoir entendu “des cris” à travers la porte de son bureau, pourtant fermée. “J’ai entendu le ton monter. Camille disait: ‘Lâche-moi, pourquoi tu me serres comme ça? Tu me fais mal!’”. “J’ai été alertée par les cris et j’ai senti qu’il fallait que j’intervienne”, nous confie celle qui a une quarantaine d’années à l’époque et qui sort alors de son bureau.

“J’ai assisté à la fin de l’altercation, Camille était en train de se libérer, j’ai vu la députée qui lui agrippait le poignet”, témoigne Joséphine qui décrit une scène “de cour d’école”. “Elles se sont traitées de folles et Camille est partie au commissariat”. Camille Jaffrelo a en effet déposé une main courante contre la députée le jour-même à 10h21, soit juste après leur entretien convenu à 9h, au commissariat de Saint-Herblain (Loire-Atlantique), que nous avons pu consulter.

Crises d’angoisse et boule au ventre

Des violences, Maxime Passebon dit n’en avoir pas subies. Mais au terme de son expérience professionnelle aux côtés d’Anne-France Brunet, ce collaborateur parlementaire prometteur et expérimenté quitte définitivement la vie politique.

Le jeune homme travaillait auparavant, sous le quinquennat Hollande, avec Estelle Grelier, alors secrétaire d’État aux Collectivités territoriales. À l’arrivée des Marcheurs, Maxime donne son CV à l’Assemblée: il tombe entre les mains d’Anne-France Brunet. Le collaborateur raconte un entretien qui se serait passé “moyennement bien” avec des réflexions étonnantes de la députée.

“Elle m’a dit que j’étais mieux en vrai qu’en photo, que ce serait sympa d’être avec moi à l’Assemblée nationale.” C’est en octobre 2017. Au début, les relations sont au beau fixe, jusqu’à ce que Maxime réclame le salaire qui aurait été négocié entre les deux parties au moment de l’embauche: 2500 euros net, incluant les diverses primes. Ses premiers salaires ne dépassent pas 2000 euros, et quand le collaborateur rappelle leur engagement, les relations se tendent.

Il affirme que les accès à ses mails et au site de l’Assemblée nationale lui auraient été “supprimés en mars 2018”, alors que sa rupture conventionnelle n’est signée qu’en juillet 2018. “Il n’était plus dans les boucles Telegram, on faisait les réunions sans lui quand on montait à Paris avec la députée, il était humilié dans les réunions auxquelles il participait encore, qualifié d’‘incapable’ par la députée devant les autres collaborateurs”, confirme Camille Jaffrelo, qui travaillait alors en circonscription.

L’un de ses proches amis, Arthur, chargéd’affaires publiques, connaît bien le milieu politique de Loire-Atlantique. Il affirme avoir vu Maxime “malade, jusqu’à faire des crises d’angoisse”. L’intéressé insiste: “J’allais au travail avec la boule au ventre, je n’arrivais plus à me lever.” Arthur, lui, préfère employer des termes plus durs, qui illustrent la fragilité de son ami, celle qu’il avait observée en 2018. “C’était systématiquement des phrases assassines. Ses collaborateurs, elle les massacrait.”

Interrogée par Le HuffPost sur le cas de Maxime Passebon, Anne-France Brunet se défend de tout harcèlement ou d’humiliation. “Les boucles Telegram, c’était en fonction des activités de chacun. J’ai retrouvé la boucle de 2018 où tous mes collaborateurs participaient de manière très efficace et normale”, assure celle qui “dément formellement l’ensemble de ces accusations”. “Le travail à Paris ne lui convenait pas et n’était pas assez payé. À la fin, il voulait partir, car ce travail ne correspondait plus à ses attentes ou à ses besoins”, ajoute-t-elle pour expliquer leur rupture conventionnelle signée en juillet 2018.

Turn-over des collaborateurs parlementaires

Ce que tous les témoignages révèlent, c’est la rotation inhabituelle des collaborateurs parlementaires de l’élue de Loire-Atlantique dans la période. Maxime a aussi croisé la route de Julie* (les prénoms comportant un astérisque ont été modifiés à la demande de la personne), et comme lui, elle fait état des changements brutaux de rapports professionnels: “Du jour au lendemain, mon travail ne convenait plus, avec sans cesse des réprimandes, sur tout et n’importe quoi”.

Le dernier jour de son contrat, Anne-France Brunet lui aurait dit sèchement dans la journée: “Tu pars”. La collaboratrice est à ce moment-là en lien avec un syndicaliste à qui elle a confié sa détresse. “Si tu ne pars pas tout de suite, j’appelle les flics”, aurait insisté Anne-France Brunet qui dément. Le syndicaliste que Julie arrive enfin à joindre l’encourage alors à quitter les lieux. Leur collaboration aura duré sept mois.

En octobre 2018, dans les colonnes de Médiacités, qui fait état de ce turn-over et d’un “burn-out”, la députée LREM décrivait ainsi la situation: “Ils n’étaient pas en mode start-up, en mode agile. J’ai été très pénalisée par ces collaborateurs qui venaient de l’ancien monde et y étaient formatés. Ils se sont mis en arrêt maladie. J’ai eu à payer deux CDI alors qu’ils n’étaient pas en activité. Mon activité législative à moi a été quasi-nulle pendant cette période”.

“Appels jusqu’à 2h”, “incendiée au téléphone”...

Tous décrivent des conditions de travail difficiles, des “appels sur mon téléphone personnel jusqu’à 2h du matin”, selon Camille Jaffrelo. “Elle m’incendiait quand je ne répondais pas au téléphone, alors que j’étais quasiment toujours déjà en ligne ou simplement aux toilettes”, appuie Joséphine* qui va jusqu’à décrire une forme de surveillance.

“L’alarme de la permanence s’activait le soir et se désactivait le matin avec un bip. En fait, c’était une façon pour elle de savoir à quelle heure j’étais là”, affirme l’ancienne assistante, qui se souvient de cette formule de la députée alors qu’elle n’avait pas répondu au téléphone fixe un matin: “J’ai vu à quelle heure tu avais badgé, j’ai vu que tu étais arrivée à 9h02. J’attends de toi que tu arrives à 9h”. “Avec le travail que j’abattais... Elle ne se souciait en revanche pas de l’heure tardive à laquelle je partais parfois le soir”, soupire cette mère de famille qui travaille désormais dans le privé. Elle a été arrêtée six semaines à l’automne 2018 pour ”épuisement”, avant de poser sa démission. Là encore, la députée “dément formellement l’ensemble de ces accusations”.

Novice en politique, la députée LREM sollicite aussi l’aide de stagiaires, comme celle de Pierre* qui, à l’instar de Maxime Passebon ou de Joséphine, laissera tomber la politique au terme de son passage à l’Assemblée nationale. Il y décrit le temps passé comme moins difficile que ses collègues collaborateurs, mais se souvient de “mots durs” et “de paroles irréfléchies”. Il se remémore aussi ce jour où elle “a réussi à me faire pleurer”.

Lorsque le jeune homme se plaint de ne pas avoir reçu son indemnité de stage, Anne-France Brunet lui aurait rétorqué : “Tu n’es là que pour le fric”. Ce qu’elle dément fermement. “Personne n’a jamais pleuré dans mon bureau. Que les bulletins de paie de l’Assemblée nationale soient arrivés en retard, c’est possible”.

Désormais, Pierre* a changé de voie, malgré sa passion initiale. “Elle m’a dégoûtée de la politique”, confie-t-il, avant d’ajouter: “Son travail n’était pas très sérieux, pas très suivi et pas très assidu. Elle ne savait pas distinguer une loi d’une directive”.

Son travail parlementaire en question

“Le travail parlementaire est au cœur de mon action, afin de répondre aux préoccupations des citoyens.” Voilà ce qu’arbore fièrement la députée LREM sur son site Internet. À l’aune des élections législatives de 2022, pour lesquelles elle a été réinvestie, le travail parlementaire d’Anne-France Brunet est aussi au cœur des questions.

La description de l'action d'Anne-France Brunet sur son site Internet. (Photo: HuffPost)
La description de l'action d'Anne-France Brunet sur son site Internet. (Photo: HuffPost)

La description de l'action d'Anne-France Brunet sur son site Internet. (Photo: HuffPost)

Plusieurs témoignages recueillis par Le HuffPost font état d’un manque de connaissances de la fonction législative et de méthodes remarquées envers les acteurs de terrain.

Maxime Passebon, qui rejoint la députée en octobre 2017, quelques mois après son élection déclare: “Elle ne sait pas à quoi sert un député, elle ne comprend pas le fonctionnement de l’Assemblée et des élus. Au début, je prends ça comme un défi parce que c’était la dynamique En Marche. Rapidement, je me rends compte qu’elle est franchement incompétente”.

“Elle est hyper novice en politique”, ajoute Camille Jaffrelo. “Elle m’a dit un jour: ‘La constitution, ça se lit en cinq minutes’. Elle ne connaît rien au fonctionnement de l’Assemblée et se sent distancée par ses collaborateurs. Quand ça se passe mal, c’est la faute des collabs. Sauf que nous quand on lui rédige un discours et qu’elle ne sait pas le dire… On ne peut plus faire grand chose”.

Elle m’a dit un jour: ‘La constitution, ça se lit en cinq minutes’. Elle ne connaît rien au fonctionnement de l’Assemblée et se sent distancée par ses collaborateurs.Camille Jaffrelo, collaboratrice parlementaire en CDD en 2018

Une scène a marqué Julie*, collaboratrice parlementaire embauchée en juillet 2017, dotée d’une solide expérience politique. Ils sont trois dans le bureau avec la députée et “un marcheur bénévole”, selon la députée. Ils reçoivent une présidente d’association qui contestait la suppression des emplois aidés, en octobre 2017. Anne-France Brunet met fin au rendez-vous “alors que la présidente d’association était en train de parler”, selon Julie. “Elle ferme son cahier, se lève et dit ‘le rendez-vous est terminé’. J’en étais malade, c’est moi qui avait organisé le rendez-vous”.

La responsable d’association, Aïcha Tarek, visiblement choquée de la méthode, en a fait une vidéo à l’époque, disponible sur YouTube. “La députée a fermé son cahier et m’a demandé de sortir”, rapporte celle qui évoque un entretien “chaotique”, qui l’a “bouleversé”.

“Elle ne s’est pas présentée au premier rendez-vous, ce que j’ai regretté”, rappelle la députée Brunet. “Je lui ai expliqué ma manière de faire, notre échange a duré et je lui ai dit de reprendre rendez-vous car j’avais d’autres entretiens prévus, elle ne l’a pas apprécié”, se défend l’élue de Nantes qui assure ne pas avoir dit “Sortez”.

En 2017, c’était l’un des socles de campagne pour les législatives: finis les professionnels de la politique, voici des vrais gens. Anne-France Brunet était gérante de sa propre société de conseil en informatique depuis 2010 avant de se lancer en politique.

Arthur, chargé d’affaires publiques, qui nous avait confié le mal-être de Maxime précise: “C’est le souci quand de nouveaux députés qui ne savent pas faire de la politique deviennent élus. Ils peuvent mal réagir, ils ne sont pas préparés. Dans chaque mouvement politique, quand il y a des nouveaux très éloignés de la politique, ça peut mal se passer”.

C’est le souci quand de nouveaux députés qui ne savent pas faire de la politique deviennent élus. Ils peuvent mal réagir, ils ne sont pas préparés.Arthur, chargé d'affaires publiques

Une personnalité politique de Loire-Atlantique souhaitant rester anonyme confirme au HuffPost à demi-mot: “Elle n’est pas réputée pour son travail parlementaire”. Un conseiller ministériel qui l’a croisée sur des dossiers importants confirme qu’elle “n’y connaissait rien”. Quant à Joséphine* qui était à plein temps à la permanence, elle regrette qu’elle n’ait “pas fait remonter à l’Assemblée nationale les problèmes des administrés, notamment sur la question du handicap”.

Selon cette synthèse de l’activité parlementaire des députés, consultable en ligne, Anne-France Brunet fait partie des 150 députés les moins assidus de l’Assemblée Nationale. Auprès du HuffPost, la députée se défend: “Le travail d’un député c’est aussi un travail en circonscription, auprès des citoyens et en commission. C’est un indicateur, mais ça ne résume pas tout ce que je fais”. Sur la même synthèse, ses interventions en commission sont là aussi parmi les 150 moins nombreuses de l’Assemblée: 116 en 4 ans.

“Tout ça, c’est du passé”, affirme Soazig Le Coq, assistante parlementaire actuelle d’Anne-France Brunet, arrivée en décembre 2018. “C’était le revers de la médaille d’ouvrir à tout le monde, mais on n’est pas député en arrivant, on apprend. Elle a fait ses armes. C’est une bosseuse”, appuie celle qui travaille aussi bien à Nantes qu’à Paris.

Je n'ai jamais eu de problèmes. Je ne reconnais pas le portrait qui est fait en ce moment.Marie-Amélie Wolff, assistante parlementaire actuelle d'Anne-France Brunet

Aujourd’hui, les choses auraient donc changé. Anne-France Brunet décrit ses actuelles collaboratrices comme “heureuses et épanouies au travail”. “Je n’ai jamais eu de problèmes”, confirme Marie-Amélie Wolff, son assistante parlementaire depuis septembre 2020 à Paris. “Je ne reconnais pas le portrait qui est fait en ce moment”, ajoute celle qui a travaillé auparavant pour une autre députée.

Même constat pour Soazig Le Coq, 54 ans. “Je suis atterrée de ce qui se dit. Elle est à l’inverse de tout ça. J’invite tout le monde à lire les commentaires des citoyens qu’on va mettre sur le tract de campagne. Les mots qui ressortent c’est: empathie et écoute”.

Il n’empêche, pour ceux qui ont connu la période précédente, sa candidature pose problème. “Il est absolument improbable qu’elle puisse être réinvestie dans ses fonctions. Là, on marche sur la tête. Que l’on n’ait pas pu la virer avant faute de preuve, je peux l’entendre, mais avec ce qui sort et ce que LREM savait, le fait de la réinvestir me rend dingue et remet en cause toute la confiance qu’on peut avoir dans les institutions”, livre Joséphine, le 12 mai.

“C’est une personnalité instable, elle a un complexe d’infériorité. C’est pour cela qu’elle s’est séparée des plus bosseurs et des meilleurs”, complète Joséphine. Julie est aussi interloquée. “Au-delà de la logique éthique, je ne comprends pas la logique politique”.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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