Législatives: "ça passe ou ça casse" pour Macron, avance la presse

"Ça passe ou ça casse", titre en Une lundi Le Télégramme, s'interrogeant sur la capacité du camp du président Emmanuel Macron à réunir une majorité absolue au deuxième tour des législatives face au désormais opposant numéro un Jean-Luc Mélenchon.

"Macron vers une majorité étriquée", croit savoir Le Figaro, sous un portrait en Une du chef de l'Etat regardant au loin, l'air soucieux.

"Vite un barrage pour me retenir!", dit, dans le dessin humoristique du Courrier Picard, un Emmanuel Macron peinant à surnager, pris dans des eaux tumultueuses, sous le regard goguenard, depuis la rive, de Jean-Luc Mélenchon.

"Abstention et indécision", titre La Voix du Nord, évoquant le "doute sur une majorité absolue pour Emmanuel Macron".

"La majorité fragilisée", titre sobrement en Une le quotidien économique Les Echos. "La Nupes fait jeu égal avec la majorité présidentielle", écrit Le Monde.

"Macron: Une semaine pour arracher la majorité absolue", prédit le Parisien/Aujourd'hui en France, sous un portrait du président Macron cerné par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

"Malgré la percée de la Nupes, Jean-Luc Mélenchon n'est pas en mesure de revendiquer Matignon", pronostique le journal.

L'Humanité a une analyse diamétralement opposée: "D'ores et déjà, la Nupes peut s'enorgueillir d'avoir gagné ses galons de principale force d'opposition. En attendant de réaliser peut-être l'exploit historique et inédit que constituerait le renvoi dans l'opposition du président de la République fraîchement réélu. Ou, au moins, de le priver de majorité absolue", selon Sebastien Crépel, se prenant à rêver de Jean-Luc Mélenchon à Matignon.

"Une première mi-temps en forme de troisième tour. Hier soir, Jean-Luc Mélenchon avait déjà gagné une partie de son pari: s'imposer comme l'opposant central d'Emmanuel Macron après la présidentielle. Il reste encore au patron de La France insoumise à remporter dimanche prochain le bras de fer auquel il a contraint la macronie à l'issue d’une campagne tonitruante", analyse Franck Buchy dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, pour lequel tous les pronostics restent ouverts.

- "Poker gagnant de Mélenchon" -

"Du tsunami Macron en 2017 au poker gagnant de Mélenchon en 2022", met en parallèle Olivier Biscaye dans Midi Libre, évoquant "une France qui tourne le dos à l'un pour se jeter dans les bras de l'autre".

"Gauche le retour en force", titre Libération, optant en Une pour une photo de Jean-Luc Mélenchon le bras dressé, à la soirée électorale de dimanche au siège parisien de la Nupes.

"La majorité absolue sera difficile à obtenir pour la Macronie", qui pourrait se retrouver avec une majorité relative, face à une opposition parlementaire virulente incarnée par Mélenchon et sa Nupes, se réjouit le journal de gauche.

"La Nupes jubile et défie Ensemble", écrit Le Progrès.

"Contrairement à 2017, l'hémicycle ne sera vraisemblablement plus à la main d'Emmanuel Macron", estime aussi Stéphane Vernay, dans Ouest-France, ajoutant: "L'Elysée devra réapprendre à composer avec toutes les oppositions, pour éviter les blocages (...) ce qui n'est pas une mauvaise nouvelle pour la démocratie".

- Campagne anesthésiée -

Plusieurs journaux pointent du doigt le manque d'engagement du président Macron et de son parti, comme une des sources du ras-le-bol des électeurs et de l'abstentionnisme.

"La stratégie d'Emmanuel Macron d'anesthésier la campagne en comptant sur les faiblesses de son adversaire n'a manifestement trompé personne", critique Isabelle de Gaulmyn, dans l'éditorial de La Croix.

"Emmanuel Macron, qui a sûrement cru pouvoir passer en douce ces élections, ne se mobilisant que dans le sprint final, n'est pas certain d'obtenir une majorité absolue et d'avoir les coudées franches", résume Florence Chédotal dans La Montagne, saluant "le tour de force" de Jean-Luc Mélenchon "consistant à passer de la troisième à la première place en deux mois et à installer un match Macron-Mélenchon".

"On sait que l'Assemblée nationale offrira un contre-pouvoir beaucoup plus marqué. Avec, à la clé, au mieux, un meilleur équilibre, au pire, l'immobilisme et l'obstruction. Voire la rue", poursuit l'éditorialiste.

"Battue et défaite, la Macronie ? Assurément pas", relativise Christophe Hérigault, dans la Nouvelle République du Centre-Ouest.

"Simplement parce que le nombre de suffrages obtenus au premier tour ne se transforme pas forcément en majorité la semaine suivante. C'est d'ailleurs la principale difficulté pour appréhender une élection nationale qui se décline en 577 scrutins locaux", rappelle-t-il.

Dans tous les cas, l'émergence comme "première force d'opposition" de la Nupes "pourrait considérablement changer l'ambiance au sein de l'hémicycle".

dth/ybl

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