L'édito de Bruno Parmentier sur l'ampleur du gâchis alimentaire dans le monde

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Les initiatives se multiplient dans la rue, les médias et chez les politiques pour nous faire prendre conscience du phénomène. À notre tour, regardons d'un peu plus près.

Tout d'abord, il ne faut pas confondre le gâchis du Sud et le gâchis du Nord. Au Sud, on perd essentiellement à la récolte, faute d'équipements de stockage et de transport adéquats. Lorsqu'on n'a pas de silos pour stocker son grain (et a fortiori de tanks à lait réfrigérés pour stocker son lait), on est obligé de devenir partageux : une partie de la récolte pour les rats, une partie pour les maladies, une partie pour le vent, une partie pour les oiseaux, une partie pour les voleurs, etc. et, bien entendu, il en reste peu à la fin puisqu’on a perdu en moyenne un tiers de ce qui nous avait tant coûté à produire. Notons par exemple que jusqu'à présent l’Afrique dans sa globalité a toujours produit assez de nourriture pour nourrir les Africains. Mais, faute de silos, de camions et de routes, il n'a jamais été possible de nourrir les zones de pénurie ou de famine avec les excédents produits dans d'autres régions…

La prise de conscience semble être efficace pour réduire le gaspillage et les déchets alimentaires. © kpn1968, Adobe Stock
La prise de conscience semble être efficace pour réduire le gaspillage et les déchets alimentaires. © kpn1968, Adobe Stock

En France, nous avons nos silos, nos routes et nos camions, nous gâchons donc « sophistiqué », en prenant soin de rajouter du pétrole, du salaire, des charges sociales, du loyer, de l'emballage, du transport, etc. à nos matières premières avant de les jeter ! Tentons de donner quelques chiffres approximatifs pour comprendre l'ampleur du problème.

Une énorme quantité de déchets réparties en trois parties égales

Tout d'abord, le chiffre de base : nous introduisons chacun une tonne d'aliments dans notre bouche chaque année, dont approximativement 600 kilos de liquide et 400 kilos de solide. Restons sur ces 400 kilos de nourriture solide (un peu plus d'un kilo par jour), et considérons en face les 240 kilos de nourriture jetés ! Cette énorme quantité de déchets se divise en gros...

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