L'écrivain kurde iranien Bahrouz Boochani accueilli en Nouvelle-Zélande

L'écrivain kurde iranien Behrouz Boochani, détenu pendant six ans par l'Australie, est enfin libre. Arrivé en 2013 par bateau, il avait été aussitôt renvoyé dans un centre de détention off-shore en Papouasie-Nouvelle-Guinée, parqué là par un gouvernement australien qui prône une politique « zéro immigration ». La Nouvelle-Zélande lui a accordé un visa.

« Je viens d’arriver en Nouvelle-Zélande, si excité d’avoir enfin retrouvé ma liberté ». C’est avec ce tweet que l'écrivain kurde iranien Behrouz Boochani a annoncé la fin de son calvaire.

Suicides, auto-mutilations, manque de soins médicaux et tortures… enfermé pendant six ans, Behrouz Boochani n'a jamais cessé d’alerter le monde sur les conditions inhumaines qui règnent dans les centres de détention off-shore en Papouasie-Nouvelle-Guinée, comme dans cette interview avec RFI, en août dernier :

« Enfermer des gens pendant six ans les abîme physiquement et mentalement. Jamais nous ne devons oublier que sept personnes sont mortes sur cette île. Nous avons quitté nos pays pour fuir la guerre, la discrimination ou encore la dictature religieuse. Nous avons choisi d’aller vers l’Australie, une démocratie libérale. Mais malheureusement, le gouvernement australien nous a volé nos vies durant six années. »

Entre-temps, le centre de détention de l'île de Manus a été démoli, deux tiers des co-prisonniers de Behrouz Boochani ont pu quitter la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais une cinquantaine d'hommes reste toujours enfermée dans un centre d'immigration de la capitale Port Moresby, financé lui aussi par le gouvernement australien.

En Nouvelle-Zélande, Behrouz Boochani participera à un festival littéraire afin de présenter son livre « Témoignage d'une île prison » dans lequel il décrit les difficiles conditions de vie pendant sa détention sur l'île de Manus (livre qui a reçu un prix prestigieux en Australie).

À écouter aussi : Behrouz Boochani: «L'Australie nous a volé six ans de notre vie»