"L'échec des écologistes": Yannick Jadot en a "marre" que l'on utilise cette expression

Alors que les objectifs de la Cop21, qui s'est déroulée en 2015 à Paris, ne sont toujours pas respectés, Yannick Jadot refuse d'y voir "l'échec des écologistes". Au lendemain du coup d'envoi de la Cop27 en Égypte, il renvoie la balle à l'exécutif et accuse Emmanuel Macron de privilégier un "beau discours" aux actes.

Le climat est sur toutes les lèvres. La Cop27 a débuté en Égypte ce dimanche. Les objectifs de la Cop21, qui s'est déroulée à Paris en 2015, ne sont pas tenus jusqu'ici. En France, est-ce, d'une certaine façon, l'échec des écologistes ?

"Non", répond Yannick Jadot sur France Info. "J'en ai marre de l'échec des écologistes'", poursuit le député européen pour marquer sa désapprobation avec l'emploi de cette expression. Il déplore une impasse:

"Quand on propose de rénover les logements, de passer aux énergies renouvelables, de changer de modèle agricole, on nous dit qu'on est irresponsable. Et quand le dérèglement climatique nous percute matin, midi et soir, c'est qu'on est incompétents".

Lors de la dernière présidentielle en avril, Yannick Jadot avait représenté Europe Écologie les Verts (EELV) dans la course à l'Élysée et n'avait récolté que 4,7% des voix. Depuis le début de la nouvelle législature, les écologistes ont du mal à se refaire la cerise et à franchir le mur du son face à leurs collègues insoumis de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes).

Surtout, le cas de Julien Bayou, accusé de violences psychologiques par son ex-compagne, a paralysé le parti, l'empêchant en partie d'être audible sur le terrain du climat.

Yannick Jadot insiste néanmoins sur le travail des Verts au Parlement et dans les mairies glanées lors des dernières élections municipales en 2020. "Les écologistes font le boulot", estime-t-il, citant le vote favorable la semaine passée des sénateurs écologistes pour avoir "la moins mauvaise des lois sur les énergies renouvelables", ou les "maires qui sont en permanence au travail pour éviter les îlots de chaleur quand il y a des canicules, faire en sorte que l'on mange bien dans la restauration collective".

"Beau discours"

"Nous portons les réponses", insiste l'ancien de GreenPeace, avant de renvoyer la balle au camp présidentiel: "Aux autres, ceux qui nous gouvernent, de ne pas seulement acter la catastrophe à venir parce que ça fait bien de le dire", tacle-t-il. Yannick Jadot distingue ensuite à ce titre le "beau discours" du président de la République des actes concrets de sa majorité.

Il développe:

"Le président Macron va sûrement faire encore un beau discours. Il va se fouetter dix fois en disant tellement on est responsables du dérèglement climatique, tellement c'est grave. Mais c'est ce même président qui dit, non nous refusons, quand l'Assemblée vote enfin un chiffre pour la rénovation thermique pour atteindre 10 milliards d'euros par an".

Une référence à des amendements portés par les écologistes et le Parti socialiste lors de l'examen du budget puis votés avec le soutien du Rassemblement national. Ces amendements prévoyaient d'ajouter près de 12 milliards d'euros de crédits en faveur de la rénovation thermique des logements.

"Vous jonglez avec les milliards", avait accusé en retour Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. Après utilisation de l'article 49.3, permettant au gouvernement de se passer du vote des députés moyennant au passage l'engagement de sa responsabilité, l'exécutif n'a pas conservé ces amendements.

Article original publié sur BFMTV.com

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