L'échange très tendu entre ces deux sénateurs sur les "Uber files"

Le sénateur François Patriat, premier des marcheurs, accuse Patrick Kanner, son collègue socialiste d'être jaloux du destin d'Emmanuel Macron.

POLITIQUE - Les deux ont beau se tutoyer, ils ne se ménagent pas. François Patriat, le chef de file des sénateurs marcheurs s’en est pris vertement a son collègue socialiste Patrick Kanner, mercredi 13 juillet, l’accusant d’être jaloux du destin d’Emmanuel Macron. Le parlementaire socialiste venait de fustiger le rôle du chef de l’État dans l’affaire dite des Uber Files.

“Dans l’enquête, rien aujourd’hui ne montre qu’il y a eu compromission ou intérêt personnel pour le président”, a ainsi pesté l’élu de Côte-d’Or avant de diriger ses coups contre son interlocuteur, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

“Quand j’entends parler de loyauté, de probité... Patrick, excuse-moi de te le dire comme tel, mais j’entends bien ta rancœur. Tu as été ministre avec Emmanuel Macron, lui est devenu président au premier coup à 39 ans, toi tu es redevenu sénateur, alors je comprends que l’on soit un peu aigri... Tu l’es aujourd’hui”, a-t-il ainsi lâché, provoquant un certain froid sur le plateau de Public Sénat, habitué aux échanges courtois.

Une saillie un brin perfide, “lamentable”, selon les mots du principal visé. “Et bien supprimons le Parlement alors, vive Vulcain, vive Jupiter”, a ainsi répondu Patrick Kanner à François Patriat quand celui-ci s’indignait de voir les oppositions agiter le spectre d’une commission d’enquête sur le sujet.

La Macronie minimise, Macron “assume”

Dans le cadre des “Uber Files”, des investigations reposant sur des milliers de documents internes à Uber, Le Monde a conclu à l’existence d’un “deal” secret entre Uber et Emmanuel Macron quand il était à Bercy. Le quotidien montre aussi que l’ancien lobbyiste en Europe de l’entreprise, à l’époque “conseiller senior du conseil d’administration”, avait contribué en 2016 à lever des fonds pour la campagne du futur président.

Un problème pour les oppositions dont certaines accusent le chef de l’État d’avoir défendu les intérêts d’Uber à l’époque où l’entreprise développait son implantation en France, alors que lui-même était ministre de l’Économie de François Hollande (2014-2016). La NUPES, l’alliance des partis de gauche à l’Assemblée nationale, veut mener l’enquête.

Pas de quoi inquiéter ni Emmanuel Macron ni son entourage. Le chef de l’État, lui, s’est dit “hyper-fier”, mardi, pour sa seule réaction à ce dossier, et “assume à fond” avoir entretenu des liens privilégiés avec la firme américaine au nom de l’emploi: “Je le referai demain et après-demain.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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