Léa Vicens, torera à la main de fer

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Elle fait face aux menaces des anti-corridas comme au taureau. Cette Française, titulaire d’un master de biologie animale, mérite sa couronne de reine de l’arène. Elle enchaîne les triomphes en corrida de rejon, la tauromachie à cheval. Une discipline sans droit à l'erreur dans laquelle hommes et femmes sont strictement égaux. Léa Vicens nous accueille dans son ranch andalou.

Léa Vicens ne monte pas à cheval. Elle chevauche le vent. Il faut la voir au grand galop dans un nuage de poussière poursuivre une vachette égarée dans le parc national de Doñana, en Andalousie, près de Séville. Il faut la voir s’entraîner dix heures par jour dans son immense ranch blanc planté de cactus et de flamboyants. Le soleil vient de se lever. Le paysage ressemble à un décor de western. Treize chevaux attendent dans leur box. Un quatorzième, robe baie, est monté par Léa. Une brise légère soulève le sable d’une petite arène sans public.

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Sergio, 20 ans, joues rosies par l’effort, pousse le carreton, un chariot à tête de taureau monté sur une roue ; il simule la charge, s’approche à quelques centimètres des flancs du cheval. Léa le fixe d’un œil noir, elle tient en main le « rejon », un javelot surmonté d’un drapeau, puis, en une fraction de seconde, commande à son agile lusitanien un brusque changement de direction tandis que son bras se lève, menaçant. L’esquive est parfaite. Sergio n’a pas le temps de reprendre son souffle, le rejon est déjà planté sur le carreton. La piqûre d’une guêpe.

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La meilleure torera à cheval du monde est une Française. La presse espagnole la surnomme « la torera élégante », loue son style très pur, « de face », fluide, sa gestuelle onctueuse de danseuse de flamenco. Depuis cinq ans, elle trône parmi les hommes, et même au-dessus d’eux, dans un pays qui n’est pas le sien, tout entière dévouée à un art qu’elle a découvert presque par accident. Des fans éperdus se tatouent son visage sur le dos, les bras. Elle garde la tête froide mais peine à comprendre son succès : « Ce que j’ai(...)


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