La lèpre menace les chimpanzés

Julie Kern, Rédactrice scientifique
·2 min de lecture

La lèpre, une maladie infectieuse et chronique provoquée par la bactérie Mycobactérium leprae, est associée au Moyen-Âge en Europe. Pourtant, 173.358 cas de lèpre ont été enregistrés dans le monde en 2016.

Cette maladie a longtemps été considérée comme uniquement humaine, mais récemment, les scientifiques ont découvert qu’elle peut aussi toucher les écureuils roux et les tatous à neuf bandes, qui constituent alors un réservoir pour Mycobacterium leprae pouvant se transmettre à l’Homme lors de contacts rapprochés.

Plus récemment encore, une pré-publication indique que la lèpre peut aussi affecter les primates non-humains sauvages. Une équipe internationale de chercheurs a analysé deux populations de chimpanzés africains. La première vit dans le Cantanhez National Park, en Guinée-Bissau, et la deuxième dans le Thaï National Park, en Côte d’Ivoire.

Photos prises par les scientifiques de plusieurs chimpanzés malades de la lèpre en Guinée-Bissau et en Côte d'Ivoire. © Kinberly J. Hockings et al. BioRxiv
Photos prises par les scientifiques de plusieurs chimpanzés malades de la lèpre en Guinée-Bissau et en Côte d'Ivoire. © Kinberly J. Hockings et al. BioRxiv

Des chimpanzés lépreux

En Guinée-Bissau, ce sont 241 chimpanzés, observés entre 2015 et 2019, qui présentent des lésions lépreuses sévères, comme la présence de plaques et de nodules sur tout leur corps, notamment la face, les membres et les parties génitales. En Côte d’Ivoire, une observation similaire a été faite en 2018 sur un mâle appelé Woodstock.

Les selles des animaux ont été analysées : Mycobactrium leprae a été isolé dans tous les échantillons des animaux symptomatiques. Mais l’analyse génétique des deux souches révèle qu’elles n'ont pas la même origine phylogénétique. Les singes de Guinée-Bissau sont infectés par une souche de la branche 2F, qui contient celle qui a provoqué la lèpre humaine du Moyen-Âge, tandis que les singes ivoiriens sont infectés par une souche de la branche 4N/O, plus rare.

Reste à savoir comment ces animaux se sont contaminés. Les singes du Cantanhez National Park n’ont pratiquement aucun contact avec l’humain, à part avec des chasseurs. Au...

> Lire la suite sur Futura