Dans le krach des cryptos, les petits porteurs essuient de grosses pertes

Dessin d’Andrew Baker, Royaume-Uni, Ikon Images

Valeria gagne environ 300 dollars par mois en vendant des plats préparés qu’elle cuisine chez elle, à Buenos Aires. Cette femme de 47 ans craignait de conserver son épargne en pesos argentins à cause de l’inflation, qui a passé le seuil de 50 % au printemps, sur l’année glissante. Elle a fini par investir un millier de dollars en terraUSD, une stablecoin, ou cryptomonnaie stable, supposément adossée au dollar états-unien. Valeria, comme d’autres personnes interrogées pour cet article, n’est identifiée que par son prénom pour préserver sa vie privée.

Alors que les cryptomonnaies telles que le bitcoin ont la réputation d’être instables, les stablecoins offrent une promesse de sécurité. Leur cours est adossé à une devise forte du type dollar ou à une matière première comme le pétrole.

Valeria a passé des mois à se renseigner sur le terraUSD avant de commencer à investir au début 2022. À la mi-mai, la stablecoin a perdu son ancrage [1 terraUSD valait 1 dollar] et a plongé pour atteindre quelques cents. Valeria a vu ses économies fondre intégralement.

“J’ai investi dans une ‘stablecoin’ qui vaut aujourd’hui 0,08 dollar. Ça me rend malade et je me sens impuissante.”

Croyant que les stablecoins ne présentaient pas de risque, certains ont été séduits au vu de la forte inflation ou de la dévaluation de leur monnaie, en particulier en Argentine, en Iran et au Nigeria. Le krach du terraUSD, qui a aussi frappé d’autres cryptoactifs, a brisé cette illusion. Valeria, tout comme la dizaine de personnes que Rest of World a interviewées en Argentine, au Venezuela, en Iran, en Irak et au Nigeria, ont investi en terraUSD – la troisième stablecoin en importance – et ont perdu des dizaines de milliers de dollars d’économies. “J’ai été arnaqué, dit Mudasir, détenteur de terraUSD au Pakistan. Je suis dépouillé, il ne me reste pas même un centime.”

Si les premières monnaies numériques comme le bitcoin étaient souvent l’apanage de personnes issues de la tech et de la finance, les stablecoins ont constitué une voie d’entrée pour ceux qui cherchaient à épargner, selon Pablo Sabbatella, directeur de Defy Education, une entreprise argentine qui donne des cours sur les cryptomonnaies. “Beaucoup de gens qui n’y connaissaient pas grand-chose en cryptos ont commencé avec les stablecoins pour épargner, car on ne peut pas acheter de dollars [des États-Unis] sur le marché légal [en Argentine].”

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles