Koudelka, la mémoire en puzzle

Libération.fr

Des séries inédites des années d’exil du photographe dévoilées au centre Pompidou.

Initiales «P.P.» : des lettres qui ont changé la vie de Josef Koudelka. Valant pour «Prague Photographer», elles lui ont servi de couverture alors qu’il envoyait ses clichés de l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie à l’agence Magnum en 1968. Signées «P.P.» et publiées anonymement, ses images regroupées sous le titre d’Invasion étaient devenues dangereuses pour sa sécurité.

Alors qu’il entame son projet sur les gitans à travers l’Europe en 1970, Koudelka choisit l’exil. Il ne remettra les pieds dans son pays que vingt ans plus tard. Prudent, il n’a pas d’autre choix que celui d’une condition d’apatride, devenu pleinement nomade, passant de pays en pays, loin de sa terre natale : Angleterre, puis Portugal, Espagne, Roumanie, Allemagne, Irlande, Suisse, France, Yougoslavie, Italie…

Forgeant le mythe du photographe dériveur, chien errant et homme du voyage, plus gitan que les gitans eux-mêmes, il découvre le monde et photographie. «On ne revient jamais d’exil», dit-il souvent pour décrire ce voyage sans retour - il ne devient français qu’en 1987. De ses visions expressionnistes en noir et blanc triées sur le volet (un peu plus d’une soixantaine d’images sur 300 000) naîtra le livre Exils (Delpire, 1988), suivi de deux versions revues et corrigées.

Sur les 75 tirages donnés par le photographe au centre Pompidou en 2016, l’exposition n’en retient que 35, mais elle allée en puiser d’autres, en particulier de nombreux autoportraits parmi les centaine de planches contact de la série «Exils». Ces nouvelles découvertes bousculent ce périple sur des chemeins inédits.

Vocabulaire. Le jour de l’ouverture, pourtant, Josef Koudelka confiait avoir mis du temps avant d’accepter la proposition de Beaubourg. Dans ses rêves, il avait imaginé plus grand, plus majestueux, que la Galerie de photographies du musée pour son retour à Paris, après trente ans de silence. Trois ans après son expo au Getty Museum (...)

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