Kosovo: le président Hashim Thaçi annonce sa démission après son inculpation à La Haye

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Le président du Kosovo, Hashim Thaçi, a démissionné jeudi 5 novembre pour faire face à son inculpation par le tribunal spécial de La Haye sur les crimes de guerre durant le conflit contre les forces serbes à la fin des années 1990. Il a été placé en détention jeudi soir, a indiqué le tribunal.

Hashim Thaçi, 52 ans, l'ancien chef politique de la rébellion indépendantiste (UCK), domine la vie politique kosovare depuis deux décennies. « Pour défendre l'intégrité de la fonction de président et du Kosovo, ainsi que la dignité des citoyens, je démissionne du poste de président de la République du Kosovo », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

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Hashim Thaçi proclame depuis toujours son innocence dans le conflit de 1998-99, accusant la justice internationale de « réécrire l'Histoire ». La plupart des habitants du Kosovo considèrent le conflit comme une « guerre juste » contre l'oppresseur serbe. « Ce ne sont pas des moments faciles pour moi et ma famille, et pour ceux qui m'ont soutenu et ont cru en moi durant ces trois dernières décennies de lutte pour la liberté, l'indépendance et la construction d'une nation », a-t-il ajouté.

« Collaborer étroitement avec la justice »

Sa mise en accusation pour meurtres, disparitions, persécutions et tortures, avait été rendue publique en juin. En annonçant la confirmation de cette mise en accusation par un juge, Hashim Thaçi n'a pas précisé quelles charges avaient été retenues. Il a cependant promis de « collaborer étroitement avec la justice ». Son allié proche, Kadri Veseli, ex-patron du renseignement de la guérilla kosovare, a également annoncé jeudi la confirmation de son inculpation par le tribunal.

D'autres responsables politiques proches du pouvoir mais aussi de l'opposition ont annoncé leur inculpation, précise notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy. Le phénomène devrait provoquer un électrochoc dans une société kosovare où les crimes commis par la partie albanaise restent un tabou depuis la fin de la guerre.

Le KSC est une instance de droit kosovar composée de juges internationaux et chargée d'enquêter sur des crimes commis par l'UCK des indépendantistes kosovars pendant et après le conflit de 1998/1999, principalement à l'encontre de Serbes, de Roms et d'opposants kosovars à la guérilla. Ce tribunal spécial siège aux Pays-Bas afin de protéger les témoins qui sont soumis à des pressions et des menaces.

La guerre du Kosovo opposant forces serbes et guérilla indépendantiste kosovare albanaise a fait plus de 13 000 morts, des Albanais pour la plupart. Elle s'est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer.

(Et avec AFP)