«Kong : Skull Island», un singe en enfer

Libération.fr

Ni prequel ni reboot, ce film gavé de références vaut pour sa maîtrise du gigantisme et son style fastueux.

Le gigantisme est une affaire de cinéma très sérieuse. Le fait qu’il ait été, au XXe siècle, le champ d’exploration quasi exclusif du grand spectacle - voire du forain - atteste d’autant plus l’importance de son objet : comment montrer, dans un cadre limité, des objets que l’échelle faramineuse empêche à l’œil humain d’être perçus dans leur totalité sans diminuer en rien l’impression de leur énormité ?

Fallacieux. En dépit de son «high-concept» composite jusqu’à l’illisible et de son mauvais esprit affiché, Kong : Skull Island confirme, quatre ans après le fascinant Pacific Rim de Guillermo del Toro, ce que la technologie numérique la plus perfectionnée peut provoquer comme vertige ontologique quand elle est associée, si ce n’est à un projet de cinéma à proprement parler, à une mise en scène un tant soi peu soignée et orientée. L’argument du film, qui n’est révélé que dans la désormais traditionnelle séquence bonus d’après-générique, est pourtant fallacieux à plus d’un titre. Ni prequel, ni reboot, ni énième remake (à l’instar du très docte King Kong de Peter Jackson en 2005), Kong : Skull Island est supposé confirmer l’avènement du «MonsterVerse», nouvel «univers étendu» établi par Legendary sous la houlette de la Warner en collaboration avec la Toho au Japon, dont le film inaugural était le Godzilla de Gareth Edwards en 2014. Sans compter les jeux vidéo et autres produits dérivés, les années à venir verront ainsi les salles obscures du Yunnan jusqu’aux Hauts-de-France investies par les monstres géants autant que les Jedi ou les super-héros puisque sont déjà annoncés un Godzilla : King of the Monsters pour 2019 et un Godzilla vs. Kong pour 2020. Le référent des scénaristes Derek Connolly, John Gatins et Dan Gilroy est d’ailleurs moins le chef-d’œuvre historique de Cooper et Schoedsack - dont la Warner a l’air de se ficher comme de l’an 1933 - que le King Kong (...) Lire la suite sur Liberation.fr

«Les Figures de l’ombre», pâle vision
Dominique Abel et Fiona Gordon, deux doux barjos sur un îlot
Les clichés photo sensibles de Kiyoshi Kurosawa
vite vu
«Miss Sloane», la fée du lobby

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages