“Kleo”, sur Netflix : pourquoi la presse allemande n’est pas convaincue

Photo NETFLIX

“Personne n’a encore réussi à prouver avec certitude que, si le mur de Berlin est tombé, c’est parce que le gouvernement est-allemand n’a pas trouvé d’autre solution pour empêcher David Has­selhoff, l’arme secrète de l’Ouest, de chanter plus longtemps son tube Looking for Freedom”, plaisante la Frankfurter Allgemeine Zeitung. L’hymne à la liberté de l’acteur et chanteur américain (qui a de lointaines origines allemandes) a effectivement accompagné les Berlinois tout au long de l’année 1989 – pour le meilleur ou pour le pire.

Tirée par les cheveux, cette hypothèse ? “Avec sa série pseudo-historique à la sauce années 1980, Netflix nous montre une réalité bien plus déjantée”, ajoute aussitôt le quotidien de Francfort.

Entre thriller, comédie et grotesque

Le 19 août, la plateforme de streaming a mis en ligne une nouvelle série allemande, Kleo. Elle met en scène une jeune espionne, Kleo Straub (Jella Haase), qui travaille pour les services secrets est-allemands, la Stasi. Ses missions, ultraconfidentielles, consistent à s’infiltrer à l’Ouest pour exécuter des ennemis du régime. Mais en 1987 son monde s’effondre : elle est condamnée à la prison à vie pour trahison, une accusation qu’elle conteste. Derrière les barreaux, elle perd le bébé qu’elle portait.

Arrive la chute du Mur. Kleo retrouve la liberté. “La tueuse au visage poupon”, selon la formule du Taggesspiegel, n’a plus qu’une obsession en tête : retrouver les responsables de son incarcération, et se venger. “Ici, pas de débauche de violence façon Kill Bill, mais l’héroïne déploie des trésors d’inventivité pour assassiner ses victimes”, écrit le quotidien berlinois. Ce dernier est séduit par la prestation de l’actrice qui, empruntant au registre de la comédie et du grotesque, “désamorce la gravité des scènes de meurtre”… et révèle un usage créatif de la tranche de mortadelle.

La version est-allemande de “Kill Bill”

“La Stasi avait déjà été abordée sous l’angle du documentaire, du mélodrame et de la comédie, il ne lui manquait plus que la vendetta burlesque”, analyse pour sa part la Berliner Zeitung. C’est désormais chose faite avec Kleo, nouvelle création du trio HaRiBo – Hanno Hackfort, Richard Kropf et Bob Konrad, connus entre autres pour 4 Blocks, une série sur les clans libanais de la capitale.

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