Kiev saisit la CEDH du sort de ses marins arrêtés par les Russes

L’Ukraine a déposé une plainte contre la Russie devant la Cour européenne des droits de l’homme pour des tirs contre trois de ses navires et leur arraisonnement par les forces russes dimanche, a annoncé vendredi la juridiction dans un communiqué. /Photo d'archives/REUTERS/Valentyn Ogirenko (Reuters)

STRASBOURG (Reuters) - L’Ukraine a déposé une plainte contre la Russie devant la Cour européenne des droits de l’homme pour des tirs contre trois de ses navires et leur arraisonnement par les forces russes dimanche, a annoncé vendredi la juridiction dans un communiqué.

L’incident, qui s'est déroulé dans le détroit de Kertch qui sépare la mer d’Azov de la mer Noire, a fait plusieurs blessés parmi les 24 marins ukrainiens retenus prisonniers et a provoqué un regain de tension entre les deux pays.

L'Ukraine demande aux juges de Strasbourg d’intervenir en urgence auprès de Moscou pour que soit garantie l'intégrité physique des marins, que Moscou accuse d'avoir franchi illégalement la frontière russe et de ne pas avoir obtempéré aux ordres de s'arrêter.

"Le gouvernement ukrainien a demandé en particulier que la Russie prodigue des soins médicaux aux marins blessés et fournisse des informations sur l’état de santé des membres de l’équipage. Il demande également que les marins soient traités comme prisonniers de guerre", précise la Cour.

Les juges de Strasbourg indiquent avoir demandé au gouvernement russe des informations sur le statut des marins ukrainien et, s’ils sont effectivement détenus, "où et sur quel fondement".

Ils demandent également des informations sur leur état de santé et les soins dont ils font l’objet.

La Cour européenne des droits de l’homme peut prescrire en urgence à un Etat membre des "mesures provisoires" visant presque toujours à préserver la vie ou l’intégrité physique d’un requérant ou d’une personne concernée par une requête.

L’examen de la requête elle-même, la cinquième de l’Ukraine contre la Russie enregistrée depuis l’annexion de la Crimée, en 2014, prendra en revanche plusieurs mois, sinon plusieurs années.

Quatre mille requêtes individuelles relatives à l’annexion de la Crimée ou aux combats dans l’est de l’Ukraine entre forces ukrainiennes et rebelles pro-russes, sont également pendantes devant elle.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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