Kiev ou Moscou ? Dans les territoires annexés par la Russie, le doute et la suspicion

AP

Qui est avec qui ? Dans ces territoires règne une atmosphère parfois étrange entre habitants et même entre voisins, voire amis. De plus en plus, on se demande qui soutient quel camp, et parfois, on se regarde en chiens de faïence. Reportage entre Kherson et Melitopol.

Avec notre envoyée spéciale à Melitopol et Kherson, Anissa El Jabri

Un bateau qui fait la navette fluviale sur le Dniepr, entre Kherson et les villages environnants, avec des passagers souvent chargés de sacs et de paquets qui se serrent, seuls ou en famille, sur des bancs en bois. Autant de paires d’oreilles et de témoins pour entendre la quasi-profession de foi d’une femme tout sourire : « Je pense que notre situation va être meilleure que dans l’Ukraine contrôlée par Zelensky. Tout va bien se passer, nous sommes protégés. La Russie va rester ici. »

►À lire aussi : À Kherson, des habitants écartelés entre rester et évacuer vers la Russie

Sur le ponton, face au micro, un passager répond : « Vous êtes une espionne ou une journaliste ? » Lancée sur le ton de la boutade, la question n’a rien de rhétorique : qui, dans ce bateau, sur le port, peut noter ce qui est dit ? Et le rapporter à qui ? Nombreux sont les regards fuyants ou les réponses soigneusement évasives. Une jeune femme lance : « Je ne peux rien dire, c’est la loi martiale. Point. »

Apprendre à se taire


Lire la suite sur RFI