Khaled Hosseini, monologue d’un père à la mer

Libération.fr

Dans un texte superbement illustré, l’écrivain allie un récit de son histoire à son fils et un hommage aux vies brisées par l’exil, de la Syrie à l’Afghanistan.

C’est un ouvrage économe en mots, qui embarque en moins de 50 pages dans un récit éclair. Sous prétexte d’une lettre fictionnelle à son fils, l’écrivain américain d’origine afghane Khaled Hosseini retrace le souvenir d’une terre, de l’embrasement d’un pays et de la décision de le quitter, pour finir au seuil de la mer, par laquelle passera l’exil. A son fils, il raconte leurs racines. A la mer, il adresse une prière, celle d’épargner les siens. En 2015, tout le monde ou presque a vu la photo d’Alan Kurdi, dont le corps d’enfant sans vie avait été rejeté par les vagues sur une plage turque. Fuyant la Syrie avec son père, seul survivant de la famille, sa mère et son frère, le garçon de 3 ans a embarqué sur un bateau pneumatique qui a fait naufrage. C’est à cette tragédie particulière que Khaled Hosseini rend hommage, trois ans après, mais il pourrait parler de tant d’autres.

La terre syrienne, le périple des Kurdi ne sont pas les siens : lui est né à Kaboul (Afghanistan), non à Homs (Syrie). Il s’est réfugié avec sa famille aux Etats-Unis après le début de l’occupation de son pays par l’URSS. Fils de diplomate, il a vécu en Iran et en France avant d’obtenir l’asile outre-Atlantique, en 1980. Depuis, des millions de Syriens ont quitté leur patrie et des centaines de milliers de personnes ont disparu en Méditerranée. Khaled Hosseini, ambassadeur de bonne volonté du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) depuis 2006, a voyagé en Irak, Jordanie, Ouganda, Afghanistan et au Tchad. S’il emprunte à d’autres les détails, il écrivait, en août dans le quotidien anglais The Guardian : «Chaque récit que j’entends dans la bouche d’un réfugié m’aide à ressentir, au plus profond de moi, mon lien immuable d’humain avec celui qui le raconte […]. J’aimerais que le monde puisse entendre ce que j’entends. Les récits (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

Thomas Laqueur, la présence des disparus
Rencontre
Saisons de correction pour femme fautive
Libé week-end
Signature