Kenya: l’artiste Otieno Gomba dénonce les «achats de conscience» pendant les élections

Le phénomène est si répandu qu’il a provoqué une pénurie de petites coupures dans le pays à quelques jours de la présidentielle au Kenya : « l’achat de conscience », autrement dit la distribution d'argent pendant les campagnes électorales est un fléau. L’artiste kényan Otieno Gomba a décidé d’y consacrer une série de tableaux, à mi-chemin entre dénonciation et humour. Il est l’un des membres fondateurs du collectif d’artistes Maasai Mbili, crée en 2011 à Kibera.

Avec notre correspondante à Nairobi, Florence Morice

« Et voici l’atelier galerie de Maasai Mbili ». Une porte en taule entre deux murs recouverts de fresque. Otieno Gomba travaille ici l’aquarelle, le fusain ou l’encre. Il se décrit comme un peintre journaliste à l’affut des maux de sa communauté.

Dans un coin, sa dernière création, un billet de banque d’une monnaie imaginaire qu’il a choisi de baptiser Gwara : « Gwara signifie gratter en langue kiswahili, comme lorsque l’on gratte le dos de quelqu’un pour obtenir quelque chose. »

Une manière pour l’artiste de questionner avec humour, la pratique de l’achat de voix qui a encore rythmé la campagne cette année. « Les programmes des politiciens sont tous les mêmes, ce qu’ils ont à nous proposer, c’est leur argent. Et on ne les revoit plus pendant 5 ans. En fait, les politiciens versent des pots-de-vin pour obtenir un poste. »

Une critique de ce système

Otieno Gomba reste tout de même conscient que la crise économique qui frappe le Kenya rend son message inaudible pour certains.


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