Kenya: dix ans et deux mandats plus tard, quel bilan de la présidence d’Uhuru Kenyatta?

Au Kenya, le président sortant Uhuru Kenyatta passera la main, mardi 13 septembre, à celui qui a été son vice-président, William Ruto. En 2013, le premier mandat de Kenyatta avait commencé avec des promesses de développement et de lutte contre la corruption, endémique dans le pays. Dix ans et deux mandats plus tard, quel bilan peut-on tirer de sa présidence ?

Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

La présidence d’Uhuru Kenyatta a été marquée par la multiplication de projets d’infrastructures. Plus de 10 000 kilomètres de routes ont été construits ainsi que des lignes de trains et quelque 2 000 barrages. Plus de 70% de la population a désormais accès à l’électricité, contre 30% en 2013.

Ces projets ont néanmoins poussé l’administration Kenyatta à emprunter. La dette publique a plus que quadruplé depuis 2013. À cela s’ajoute une inflation galopante qui a atteint 8,5 % en août, son plus haut niveau en cinq ans et les prix des denrées alimentaires qui ont explosé, conséquences cumulées de la pandémie de Covid-19, de la sécheresse qui sévit dans le pays et de la guerre en Ukraine.

Concernant la lutte contre la corruption, le bilan a « stagné », selon l'ONG Transparency International, qui plaçait le pays 128e sur 180 dans son dernier index mondial de perception de la corruption. Si quelques hauts-responsables ont été inculpés, ces dernières années, l’administration Kenyatta a aussi été marquée par des scandales de détournement de fonds publics.

Uhuru Kenyatta a toutefois consolidé la place du Kenya sur la scène régionale, en s’impliquant dans plusieurs dossiers, notamment les tentatives de pourparlers en Éthiopie et la recherche de la stabilité dans l’est de la RDC.


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