Le Kenya désavoue la Cour internationale de justice

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Le Kenya ne se soumettra pas au jugement attendu mardi 12 octobre de la part de la Cour internationale de justice de l’ONU au sujet du conflit maritime qui l’oppose à la Somalie. Le ministère kényan des Affaires étrangères a annoncé ce vendredi que son pays ne reconnaît plus cette juridiction.

Avec notre correspondante à Nairobi, Florence Morice

Le ministère kényan des Affaires étrangères ne mâche pas ses mots à l’encontre de la Cour internationale de justice. Dans un communiqué, Nairobi considère que le jugement attendu mardi ne sera que le « point culminant » d’un processus judiciaire « biaisé » mené par une juridiction à l’impartialité « évidente » et qui plus est incompétente sur ce dossier.

D’où la décision du Kenya de s’en retirer. Ces critiques ne sont pas nouvelles. C’est la Somalie qui en 2014 avait saisi la Cour de justice de l’ONU de ce dossier et depuis Nairobi a toujours contesté sa compétence. Le Kenya fait valoir un mémorandum signé en 2009 avec la Somalie qui stipulait que ce différend serait résolu par la négociation et non porté devant la justice. Aujourd’hui, elle claque finalement la porte à cinq jours du jugement.

Message à son opinion nationale

Il faut dire que le Kenya est des deux le pays qui a le plus à perdre puisqu’il exerce depuis 1979 sa souveraineté sur le territoire maritime disputé. Et, selon de nombreux observateurs, le pays s’attendait à un jugement défavorable mardi. Or pour l’économie kényane, les enjeux sont de taille. Non seulement la zone au cœur du conflit – immense, 100 000 km2 – regorge de poissons, mais elle est aussi riche en hydrocarbures. Et Nairobi a déjà accordé des permis pour les exploiter.

Nairobi a d’ailleurs conclu son communiqué de ce midi par un avertissement lancé à la Cour internationale de justice de l’ONU : en affirmant que le jugement qu’elle doit rendre mardi, quel qu’il soit, aura de profondes implications « sécuritaires, politiques, sociales, et économiques » dans une région déjà pris dans la « tourmente du terrorisme, de l’instabilité et du conflit ».

Par ce coup d’éclat, le Kenya adresse également, en cette année électorale, un message à son opinion nationale sensible aux enjeux de souveraineté. D’autant que Nairobi perçoit les revendications de la Somalie sur ce territoire maritime comme un geste d’ingratitude de la part de Mogadiscio alors qu’elle est à ses côtés au sein de l’Amisom, dans la lutte contre le terrorisme.

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