Kazakhstan: Tokaïev entend amoindrir ses pouvoirs, l'opposition n'y croit pas

Au Kazakhstan, le président Kassym-Jomart Tokaïev a proposé vendredi 29 avril de faire adopter par référendum les nombreux amendements constitutionnels qu’il entend faire adopter.

Avec notre correspondant régional, Régis Genté

Cette réforme qui doit affaiblir les pouvoir du chef de l’État est présenté par le pouvoir comme l’établissement d'une « deuxième république ». Mais des voix critiques estiment que ces amendements ne créent que l’illusion d’un changement de la nature du régime kazakhstanais, après que la population ait exprime son ras-le bol du fonctionnement du pays, autoritaire et corrompu, lors des manifestations du début janvier, qui avaient conduit à la mort de près de 200 personnes.

33 des 98 articles de la Constitution seront amendés. Les pouvoirs du président doivent être réduits, ceux du Parlement augmentés, des mécanismes de protections des droits constitutionnels des citoyens introduits… Et le statut officiel de « chef de la nation » octroyé à l’ancien Président Noursoultan Nazarbaïev sera aboli.

Pour l’équipe du président Kassym-Jomart Tokaïev, élu en 2019 mais qui ne tient véritablement les rênes du pays que depuis les évènements meurtriers de janvier dernier, il s’agit d’une transformation systémique du modèle politique autoritaire établi par M. Nazarbaïev. Cela équivaut selon elle à l’avènement d’une « deuxième république ». D’où l’idée de faire adopter ces amendements par référendum.

Mais beaucoup d’opposants et d’observateurs du pays doutent de la profondeur de cette réforme constitutionnelle. Pour eux, le passage d’un régime dit « super-présidentiel » à une « république présidentielle avec un Parlement fort » relève du glissement sémantique, où le chef de l’État demeure encore trop puissant.

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