Katalin Kariko : un espoir contre la pandémie

·2 min de lecture

Elle est à l’origine des nouvelles technologies d’ARN messager qui ont permis l’élaboration des premiers vaccins anti-Covid. Parcours.

Une origine hongroise

Katalin Kariko, née le 17 janvier 1955, a grandi à Kisujszallas, une ville de quelques milliers d’âmes située au cœur de la Hongrie. Son pays est une république populaire sous régime communiste. Sa famille est chrétienne et pauvre. Son père est boucher. Sa scolarité sera excellente. Passionnée de sciences, elle opte pour la biologie et la biochimie, obtient un doctorat et entame des études postdoctorales au centre de recherche biologique de l’Académie hongroise des sciences à Szeged.

L’ARN messager (ARNm), dont le rôle dans la synthèse des protéines a été élucidé en 1961 (par les Français Jacques Monod et François Jacob, tous les deux Prix Nobel, et François Gros), puis la découverte en 1980 par Tom Cech et Sidney Altman (Prix Nobel) que certains ARN peuvent aussi avoir un rôle de catalyseur, comme les enzymes, la fascine. Son académie n’a pas les moyens de financer des projets de recherche dans ce domaine. Aussi prend-elle le risque, en 1985, avec son mari et sa fille âgée de 2 ans, de quitter la Hongrie pour les Etats-Unis. C’est un aller simple.

Les années noires

Ils cachent toutes leurs économies (1000 dollars) dans un ours en peluche, passent ainsi le rideau de fer (qui inter- dit d’emporter plus de 100 dollars) et débarquent à New York en n’ayant plus que 10 dollars en poche. Heureusement, le département de biochimie de l’université de Temple, à Philadelphie, où elle a postulé, la recrute. Elle intègre peu après la prestigieuse université de Pennsylva- nie, dite « UPenn », où son obsession pour rendre l’ARNm utilisable en thérapeutique la marginalise très vite. A l’époque, seul l’ADN intéresse le monde scientifique. Katalin a une vision(...)


Lire la suite sur Paris Match