Karachi, la ville où mourir de chaud n’est pas un vain mot

Adnan maudit le monde entier. Deux jerrycans pleins d’eau au bout des bras, il grimpe les ruelles abruptes du quartier de Paharganj pour rentrer chez lui. L’eau est sale, elle provient de l’usine de filtration installée au pied de la colline. Nous sommes en mars 2022. L’été est arrivé à Karachi, et il faudra attendre quinze jours avant que l’eau n’arrive jusqu’aux robinets de son quartier.

Chaque jour, Adnan va remplir ses bidons d’eau en sortant du bureau. Il travaille au Conseil de l’enseignement secondaire de Karachi, et les journées sont longues, mais tant que les seaux d’eau de la cuisine et de la salle de bains ne sont pas remplis, pas question de se reposer.

Sa femme et ses enfants comptent sur lui pour accomplir cette tâche éreintante. Il remplit aussi un bidon supplémentaire pour sa mère Razia, qui, à 50 ans et quelques, doit déjà lutter contre son hypertension, qui grimpe en même temps que le mercure.

De mars à octobre, Karachi [capitale économique du Pakistan abritant 15 millions d’habitants] suffoque sous l’effet de la chaleur et de l’humidité qui rendent le quotidien un peu plus difficile chaque année. La plupart des habitants affrontent cela avec fatalisme, et l’avenir de la ville soumise aux effets du réchauffement climatique fait rarement l’objet de débat. Pourtant, les urbanistes et les climatologues alertent depuis longtemps sur cette corrélation.

Une expansion urbaine se fait en dépit du bon sens

Au Pakistan, comme dans d’autres pays des régions tropicales et subtropicales, les villes se développent à toute vitesse, alors même qu’elles sont les plus susceptibles d’être touchées par le dérèglement climatique.

Tout comme Mexico, New Delhi, Dacca, Calcutta, Le Caire, Lagos, Jakarta et Canton, Karachi subit les effets conjugués du phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU) et de la hausse des températures due au réchauffement climatique.

Plusieurs études ont montré que l’urbanisation peut exacerber cette hausse. L’exode rural, la croissance démographique, l’augmentation de la densité, l’activité humaine et les changements apportés au milieu, notamment par la construction de bâtiments et l’exploitation des sols… Tous ces facteurs ont des répercussions sur le climat local.

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