Kaoutar Harchi : « Plus je suis radicale, plus j’engage le dialogue »

·1 min de lecture
Kaoutar Harchi.
Kaoutar Harchi.

On peut songer à la démarche de Georges Perec, celui de W ou le souvenir d?enfance, à la lecture du quatrième roman de Kaoutar Harchi (mais son cinquième livre). Cette parenté se décèle dans le geste d?écriture, pensé comme une foreuse qui sonde les strates de la mémoire, même les plus calcifiées. Chez Perec, cette mémoire était enfouie ou alors il s?agissait d?en conjurer « la disparition ». Pour Kaoutar Harchi, la mémoire est vive plutôt qu?à vif. La mémoire de ces « vies minuscules », en l?occurrence celle d?une famille marocaine immigrée en France, qui pourrait être la sienne et que l?autrice suit à la trace. De ce qui arrive dans ces vies occultées plutôt que disparues, elle en fait des événements. Des leçons inaugurales pour le personnage principal, qui ouvrent des souvenirs et ?uvrent de façon souterraine en elle.

Pour tracer ces vies, la sociologie (elle est docteure en sociologie) lui permet d?en poser d?abord la possible inéluctabilité et le destin social. Mais tout autant romancière, elle sait aussi raconter, en pointillisme, la singularité et l?autonomie. D?êtres comme toujours en transit, transitif aussi dans leur rapport au monde et aux autres, Kaoutar Harchi restitue un parcours en soi et pour soi. Et alors, ultime métamorphose du verbe qui constate autant qu?il crée, au labeur elle substitue l??uvre. Au destin, la vie. Ainsi le livre s?ouvre sur une scène dont on mesure, aux détails décrits, la délicatesse qu?il faut pour l?écrire et la comp [...] Lire la suite

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles