Kanner (PS) accuse Macron de vouloir "enjamber" les régionales

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Patrick Kanner à Paris en octobre 2020

Le sénateur PS Patrick Kanner s'est inquiété mercredi des "intentions" du gouvernement sur un éventuel report des régionales après la présidentielle de 2022 et pense qu'Emmanuel Macron veut "enjamber" un scrutin qui risque de lui être défavorable.

Le parlementaire, candidat aux régionales dans les Hauts-de-France, "souhaite" la tenue de ces élections régionales en juin pour ne pas "mettre sous éteignoir un rendez-vous démocratique" mais "le gouvernement ne fait pas beaucoup d'efforts pour qu'elles soient organisées" à cette date malgré la pandémie de Covid-19, a-t-il estimé sur Sud radio.

Selon lui, ces élections sont "une étape à enjamber" pour Emmanuel Macron qui "n'a pas envie" que ce scrutin ait lieu avant la présidentielle car "il a vu le résultat catastrophique pour lui des municipales et il sait qu'il n'y aura aucun président de département ou de région qui serait de sa sensibilité politique".

M. Kanner réclame pour ces élections le vote par correspondance ou le vote anticipé comme aux Etats-Unis.

Le Sénat doit se pencher fin janvier sur le projet de loi qui prévoit le report des élections de mars à juin, comme l'ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré l'avait recommandé dans un rapport remis au gouvernement à la mi-novembre.

M. Debré s'était lui aussi inquiété le 13 janvier d'un nouveau report après la présidentielle de 2022.

"Je crains que si jamais (...) la décision de reporter à après les présidentielles les élections départementales et régionales était prise, vous ne puissiez pas endiguer une autre pandémie qui est la pandémie politique", avait-il prévenu.

L'eurodéputée Karima Delli, tête de liste écologiste aux régionales dans les Hauts-de-France, a également mis en garde mercredi contre la "manoeuvre politicienne" d'un nouveau report et a appelé le gouvernement à "siffler la fin de la récréation".

"La démocratie ne peut pas être confinée. Si on peut prendre des transports, si on peut aller travailler, on peut aller voter", a-t-elle estimé sur Public Sénat, en demandant "plus de bureaux de vote" et un étalement des plages horaires pour voter.

Le patron du PCF Fabien Roussel s'était par contre dit dimanche favorable, si "on est en pleine pandémie", à un report de ces élections après la présidentielle de 2022.

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