Kaaris «La pauvreté peut expliquer la violence, mais ne l’excuse pas»

Libération.fr

A l’occasion de la sortie de son cinquième album, «Or noir 3», le rappeur, prince de la trap avec ses textes hardcore, évoque l’approche de la quarantaine, sa passion pour le métier d’acteur et ses embrouilles à répétition avec Booba, son rival attitré.

Kaaris a sorti Or noir 3 le 25 janvier et ce colosse-là n’a jamais été aussi populaire. La musique n’y est pas pour grand-chose ce coup-ci : cet été, le grand public l’a découvert lors d’une rixe, à l’aéroport d’Orly, avec son confrère Booba. Médiatisation, prison, procès. Les deux bonshommes sont en conflit depuis de longs mois. Là, ils évoquent, le plus sérieusement du monde, la tenue prochaine d’un combat à plusieurs millions d’euros pour régler leurs comptes. Après Bruxelles, on parlait ces derniers jours de Tunis comme lieu de castagne - ainsi que d’une clause kebab dans le contrat entre les deux parties. A chaque semaine son nouvel épisode…

Or noir 3 est le cinquième album d’Okou Gnakouri, 39 ans, dit Kaaris. Des titres dans la lignée de ce qui lui a valu de remporter disques de platine et d’or : des textes hardcore sans véritable fil directeur, mais truffés de punchlines «sales» (sic) à faire ricaner le Malin en personne. Surtout quand le rappeur chantonne. Kaaris, acteur aussi - il a notamment tourné dans Braqueurs (2016) avec Sami Bouajila -, fait toujours planer ceux qui fantasment la rue plus qu’il n’en faut. Au vrai, son éclosion sur le tard en 2013 a elle-même quelque chose de cinématographique. Il a débarqué, par surprise, avec muscles, barbe et dégaine d’Américain des ghettos qui parle l’argot de Seine-Saint-Denis. Et s’est installé à la table des princes. On l’a croisé dans un hôtel parisien, la tête ornée d’une casquette Jeune Riche (sa marque de vêtements), de très grosses bagues en or et les lèvres dans un chocolat chaud.

Il y a six ans, quand vous explosiez, vous parliez de faire quelques coups et de quitter le milieu à court terme…

Et tu pensais que je serais déjà parti ? Six ans, c’est peu (...)

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