La justice suisse s’intéresse à l’ex-roi d’Arabie saoudite six ans après sa mort

De notre correspondant à Genève, Ian Hamel
·1 min de lecture
Le roi saoudien Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud en mai 2021 à Riyad.
Le roi saoudien Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud en mai 2021 à Riyad.

Existe-t-il une limite à l'immunité dont bénéficient les souverains d'Arabie saoudite ? C'est la question posée par le procureur genevois Yves Bertossa concernant Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud, qui a régné dix ans, de 2005 à 2015, avant de s'éteindre à l'âge de 91 ans. Le magistrat suisse l'accuse d'avoir versé en 2008 cent millions de dollars à son « ami » le roi Juan Carlos d'Espagne. En 2020, le magistrat a ouvert une enquête pénale pour « gestion déloyale des intérêts publics ». Ce qui correspond en France à de « l'abus de biens sociaux ». Ce qui voudrait dire qu'à Riyad le monarque ne serait peut-être pas totalement libre de faire ce qu'il entend de l'argent du pétrole.

Yves Bertossa, le fils de Bernard Bertossa, l'ancien procureur général de Genève, n'a bien évidemment nullement l'intention de mettre en cause feu Abdallah, disparu il y a six ans. En revanche, il ne détesterait pas pouvoir entendre l'ancien ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir. À condition, bien évidemment, que l'Arabie saoudite réponde à une commission rogatoire internationale, ce qui n'est pas dans ses habitudes.

À LIRE AUSSILe clan Ben Ali pourrait récupérer ses avoirs gelés en Suisse

L'immunité de Juan Carlos

Comme le souligne La Tribune de Genève, qui révèle l'affaire, « en droit suisse, il est impossible d'accuser quelqu'un de blanchiment d'argent sans définir un crime préalable à l'origine du versement des fonds ». En d'autres termes, s'il n'y a pas de magouilles à l'o [...] Lire la suite