La justice iranienne condamne Nazanin Zaghari-Ratcliffe à un an de prison

·2 min de lecture

La travailleuse humanitaire irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été condamnée à un an de prison et à une interdiction de sortie du territoire d'un an, a annoncé lundi son avocat.

Poursuivie pour "propagande" contre la République islamique, Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été condamnée, lundi 26 avril, à un an de prison et à un an d'interdiction de quitter l'Iran après sa libération.

La peine "a été annoncée aujourd'hui et (ma cliente) a été condamnée à un an de prison et à un an d'interdiction de quitter le pays", a indiqué son avocat, Hojjat Kermani, précisant que le verdict était "encore préliminaire".

Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 42 ans, avait comparu en mars devant un tribunal de Téhéran pour "avoir participé à un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Londres en 2009", selon son avocat. "Le verdict est encore préliminaire et nous faisons appel dans le délai légal de 20 jours à compter d'aujourd'hui", a-t-il précisé.

>> À lire aussi : "Une Irano-Britannique prise au piège de la 'diplomatie des otages' de Téhéran"

Espoir dans l'appel

Cheffe de projet pour la Fondation Thomson Reuters, branche philanthropique de l'agence de presse du même nom, Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait été arrêtée en 2016 à Téhéran.

Accusée d'avoir comploté pour renverser la République islamique, ce qu'elle nie farouchement, elle avait été condamnée à cinq ans de prison. Elle avait achevé de purger sa peine en résidence surveillée le 7 mars.

"Selon la loi iranienne, la peine supplémentaire (d'interdiction de quitter le pays) sera infligée après la fin de l'emprisonnement", a expliqué Me Kermani, espérant que sa cliente serait "acquittée en appel".

Boris Johnson réclame son retour

Le Premier ministre britannique Boris Johnson avait dénoncé plus tôt lundi la nouvelle condamnation. "Je pense que ce n'est pas normal du tout que Nazanin soit condamnée à une peine supplémentaire de prison", a déclaré le chef du gouvernement conservateur, assurant que Londres comptait "travailler très dur" pour obtenir sa libération.

Cette affaire alimente les tensions entre Londres et Téhéran. Téhéran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, a toujours refusé au Royaume-Uni un accès consulaire à Nazanin Zaghari-Ratcliffe pendant qu'elle était en prison.

L'ONG britannique Redress a jugé dans un rapport mi-mars que Nazanin Zaghari-Ratcliffe souffrait d'un stress post-traumatique grave après avoir subi des "mauvais traitements" et qu'elle devait donc être reconnue par Londres comme "victime de torture".

Les autorités iraniennes ont toujours nié qu'elle ait été maltraitée.

Avec AFP