"La justice est une institution essentielle": la réponse de Dupond-Moretti à la colère des policiers

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Le garde des Sceaux s'est exprimé ce mercredi à l'Assemblée après le rassemblement des policiers qui s'est tenu devant le Palais-Bourbon, en présence du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. - BFMTV
Le garde des Sceaux s'est exprimé ce mercredi à l'Assemblée après le rassemblement des policiers qui s'est tenu devant le Palais-Bourbon, en présence du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. - BFMTV

Une mise en opposition qu'il juge "dangereuse" pour la démocratie. Éric Dupond-Moretti a pris la parole ce mercredi à l'Assemblée nationale peu après le rassemblement de policiers qui s'est tenu devant le Palais-Bourbon. Une mobilisation des forces de l'ordre durant laquelle le nom du ministre de la Justice, absent au rassemblement, a été hué par les participants.

"En tant que citoyen, j'aurais pu me retrouver dans cette manifestation pour apporter mon soutien aux services de police. Ce qui me semble en revanche dangereux pour notre démocratie, c'est que l'on oppose en permanence avec un certain cynisme la justice et la police", a déclaré le garde des Sceaux depuis l'Hémicycle.

"Policiers et magistrats sont dans la même barque républicaine"

Éric Dupond-Moretti a été interpellé à plusieurs reprises par des représentants syndicaux de la police, ces derniers l'accusant de laxisme face aux agresseurs de forces de l'ordre.

"Le problème de la police, c'est la justice!", a ainsi tonné le secrétaire général du syndicat Alliance, Fabien Vanhemelryck, lors de cette manifestation.

Lors de ces discours, plusieurs ont d'ailleurs appelé à une réforme en profondeur de la justice et demandé une mise en place de "peines minimales."

"Les policiers et les magistrats de ce pays sont dans la même barque républicaine", a assuré le ministre de la Justice, "j'affirme que sur le terrain, magistrats et policiers travaillent ensemble".

"On ne peut pas tout démolir à des fins électorales"

Tout en reconnaissant des dysfonctionnements dans certaines affaires judiciaires, le garde des Sceaux a néanmoins appelé à ne pas opposer "deux grandes institutions de la République".

"La justice est une institution essentielle, elle est notre pacte social et notre pacte républicain", a ajouté Éric Dupond-Moretti, estimant qu'"on ne peut pas tout démolir à des fins électorales ou électoralistes". Le ministre de la Justice a enfin prévenu qu'il y avait une limite, une "frontière, une "ligne rouge" à ne pas dépasser: "c'est le respect que l'on doit aux institutions".

À la suite de la mort du policier Éric Masson à Avignon, le Premier ministre Jean Castex s'était notamment engagé à étendre à trente ans la période de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime contre un policier ou un gendarme.

Le gouvernement a déposé ce mercredi un amendement en ce sens dans le cadre de l'examen au Palais Bourbon du projet de loi pour la "confiance" dans la justice d'Éric Dupond-Moretti. Il devrait être voté dans la semaine.

Article original publié sur BFMTV.com

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