La justice française autorise le projet de train Charles-de-Gaulle Express

La justice a validé le projet Charles-de-Gaulle Express, une ligne ferroviaire de 32 kilomètres qui doit relier Paris à l'aéroport de Roissy. Initialement prévu pour faciliter l'accès aux sites des Jeux Olympiques de 2024, le chantier avait été attaqué en justice et a pris du retard sur le programme initial.

Sur le papier, le projet est séduisant : le train doit relier la gare de l'Est à l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle en 20 minutes seulement, une alternative beaucoup plus courte que les trajets en RER, qui vont de 30 à 50 min selon le nombre d'arrêts.

Mais le projet ne plaît pas à tout le monde. Peu après le début du chantier en 2019, Charlotte Blandiot-Faride, la maire communiste de la commune de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, traversée par la future ligne, attaque l'autorisation de travaux. Avec des élus de gauche et des associations, ils accusent le projet de détruire l'environnement. Ils s'inquiètent notamment des nuisances pour les grenouilles, les lézards et les oiseaux. Ils estiment aussi que ce « train des riches », à 24 euros le trajet, empêche la modernisation des autres transports en commun du secteur.

Justifié pour la justice, malgré l'impact environnemental

Le tribunal administratif leur donne raison et le chantier est interrompu fin 2020. Il reprend en attente du jugement en appel. Les juges considéraient alors que l'infrastructure n'était pas « indispensable » au point de détruire cette biodiversité. Ils notaient en particulier que le trafic aérien avait chuté en raison de la crise sanitaire depuis la déclaration d'utilité publique de 2017 et s'interrogeaient sur le caractère provisoire de cette baisse.

La justice vient donc de valider la poursuite des travaux, considérant que le projet est « justifié par une raison impérative d'intérêt public majeur ». Il peut ainsi déroger aux dispositions du code de l'environnement sur les espèces animales. « On ne peut pas lutter contre l'artificialisation des sols et dire que protéger les espèces est une priorité absolue, et dans le même temps dire qu'il n'y a aucun problème à les détruire », a regretté Corinne Lepage, avocate de la commune de Mitry-Mory.

Le Charles-de-Gaulle Express devrait donc bien circuler... mais en 2027, trois ans après les Jeux olympiques.

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