La justice américaine rend public un document justifiant la perquisition chez Donald Trump

© Jon Elswick, AP

Le département de la Justice a publié vendredi une version expurgée du document judiciaire qui a justifié la perquisition menée par le FBI dans la résidence de Donald Trump en Floride, ce qui pourrait permettre de mieux comprendre les motifs de cette initiative sans précédent pour un ancien président des États-Unis.

L'affaire Donald Trump se poursuit. La justice américaine a publié vendredi 26 août un document judiciaire exposant les motifs de la récente perquisition de la police fédérale (FBI) au domicile en Floride de l'ancien président américain, mais au contenu largement caviardé dans l'intérêt de l'enquête.

Le juge fédéral Bruce Reinhart avait imposé au ministère de la Justice de rendre public ce document clé, censé détailler les raisons qui ont conduit à enquêter sur Donald Trump, citant l'intérêt du public pour la perquisition sans précédent du domicile d'un ancien président américain.

Mais le magistrat avait accepté la demande du ministère de caviarder d'importantes parties du document – qui aurait sinon pu révéler l'identité de certains acteurs du dossier – au nom d'un besoin "impérieux" de protéger les investigations.

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Les autorités ont attendu jusqu'à la dernière minute, publiant le document de 38 pages peu après 12 h (16 h GMT), heure limite imposée par le juge Reinhart.

Elles s'étaient opposées à la publication dudit document, arguant qu'elle nécessiterait un caviardage "si important que le reste du texte divulgué serait dépourvu de tout contenu significatif".

Documents classés "top secret"

Le document rendu public vendredi indique que les investigations ont démarré lorsque l'agence nationale des archives (NARA) a informé le ministère de la Justice, le 9 février 2022, avoir reçu de la part des équipes de Donald Trump, 15 boîtes de documents contenant notamment, selon la NARA, "des documents top secrets".

L'enquête alors ouverte par la police fédérale a permis de confirmer que ces boîtes contenaient 184 documents classifiés, dont 25 top secret, et a conduit les enquêteurs à croire que "d'autres documents contenant des informations top secrètes de défense nationale" étaient toujours présents à Mar-a-Lago.

Le problème : ces archives très sensibles n'avaient "pas été gérées de façon appropriée ni (n'étaient) stockée dans un endroit approprié", détaille un extrait d'une lettre du ministère de la Justice aux avocats de Donald Trump cité dans le compte rendu publié vendredi.

Le 8 août, le FBI avait perquisitionné la résidence de Donald Trump en Floride, Mar-a-Lago, saisissant une trentaine de nouveaux cartons contenant notamment des documents confidentiels que le républicain n'avait pas rendus après avoir quitté la Maison Blanche, malgré de multiples demandes.

"Un pays sans foi ni loi"

L'ex-magnat de l'immobilier avait de nouveau assuré vendredi sur son réseau Truth Social, avant la publication de ces documents judiciaires, que "les amateurs et voyous de la politique n'avaient aucun droit (...) de prendre d'assaut Mar-a-Lago et de voler tout ce qui passait à leur portée".

"Nous vivons dans un pays sans foi ni loi", s'était-il indigné.

Lundi, l'ancien président américain avait demandé que soit nommé un expert indépendant pour examiner les documents saisis par le FBI et déterminer lesquels pourraient garder "confidentiels" et n'être ainsi pas utilisés dans les enquêtes.

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La liste des articles saisis par le FBI, déjà rendue publique, mentionne de nombreux documents classés "top secret". Toute la question est de savoir de quoi traitent ces documents.

Les enquêteurs soupçonnent le républicain d'avoir violé une loi américaine sur l'espionnage qui encadre très strictement la détention de documents confidentiels. Donald Trump a assuré que ces documents avaient été déclassifiés.

Donald Trump est aussi visé par des enquêtes sur ses efforts pour renverser les résultats de l'élection présidentielle de 2020 et sur son rôle dans l'assaut de ses partisans contre le Capitole le 6 janvier 2021.

Donald Trump, qui flirte avec l'idée d'une candidature à l'élection présidentielle de 2024, a longuement fustigé cette perquisition, qu'il voit comme l'illustration d'une "chasse aux sorcières" le visant.

Il n'est pour l'instant poursuivi dans aucune affaire.

Avec AFP