La justice allemande ordonne à Facebook de restreindre sa collecte des données privées

La plus haute juridiction allemande a ordonné le 23 juin à Facebook de cesser de collecter automatiquement et sans accord spécifique les données des utilisateurs de ces diverses applications. L'arrêt a été rendu en référé. Le jugement définitif doit encore être prononcé.

De notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

« ll n’existe aucun doute sur la position dominante de Facebook sur le marché des réseaux sociaux et sur l’utilisation de cette position dominante. » L’arrêt de la cour fédérale confirme clairement la position de l’autorité allemande de la concurrence qui avait reproché au géant américain d’imposer aux utilisateurs des clauses abusives de collecte automatique de leurs données personnelles.

Facebook peut ainsi utiliser les données de ses diverses applications comme WhatsApp ou Instagram pour établir un profil complet des internautes. Ces derniers à l’avenir - ils sont 30 millions en Allemagne - devront explicitement donner leur accord. Le géant du numérique ne pourra pas exclure des utilisateurs qui refuseraient de donner leur autorisation.

Facebook a réagi à la décision en référé de la cour fédérale et annoncé qu’il n’y aura pas de changement tant que le jugement de fond n’aura pas été prononcé. Mais il y a peu de chance qu’il soit différent.

La plateforme rejette les accusations qui lui sont faites et estime avoir suffisamment changé ses paramètres de confidentialité pour les rendre conformes au Règlement européen sur la protection des données.