Jusqu'à trois ans de prison ferme pour l'agression d'une policière au Nouvel an 2018 à Champigny

F.B.
·3 min de lecture
Le symbole de la justice (illustration) - Ashraf Shazly / AFP - -
Le symbole de la justice (illustration) - Ashraf Shazly / AFP - -

La vidéo de l'agression avait suscité l'indignation: trois hommes ont été condamnés ce jeudi à des peines de deux à trois ans de prison ferme pour avoir porté des coups à une policière en marge d'une soirée du Nouvel an 2018 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).

Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné Quentin D., 21 ans, à trois années d'emprisonnement et Jean-Baptiste D., 22 ans, et Esdras S., 21 ans, à deux ans ferme, avec obligation de chercher un travail à leur sortie et d'indemniser la victime.

Tous les trois, qui comparaissaient libres, ont été immédiatement incarcérés mais Esdras S., qui contestait les faits, bénéficiera d'un régime de semi-liberté.

Une peine de huit mois de prison avec sursis a été prononcée à l'encontre de deux autres jeunes présents le soir des faits pour "non-assistance à personne en danger".

"Cette décision nous semble très juste"

Un jeune homme de 21 ans qui avait filmé et diffusé la vidéo de la scène de violence a quant à lui écopé de huit mois ferme qu'il effectuera chez lui sous bracelet électronique.

Une jeune femme du même âge qui avait repris cette vidéo pour la diffuser sur Twitter a été condamnée à 15 mois avec sursis.

"On est très satisfait de cette décision qui nous semble être très juste et à la mesure de la gravité des faits", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) l'avocate de la policière, Me Ariane Mineur.

La scène devenue virale sur les réseaux sociaux

"En les condamnant à une caution solidaire de 5000 euros, le tribunal a vraiment considéré que tous étaient responsables, au même niveau, des préjudices pour ma cliente" qui est "soulagée", a-t-elle souligné.

Cette nuit du 31 décembre 2017, deux policiers étaient intervenus en renfort pour tenter de disperser les participants d'une soirée de la Saint-Sylvestre organisée à Champigny-sur-Marne dans un hangar dont une cloison s'était effondrée.

Ils avaient alors été violemment pris à partie. La gardienne de la paix Laurie B., 25 ans, était projetée au sol et rouée de coups. Un peu plus loin, son supérieur, un homme de 48 ans qui ne s'est pas porté partie civile dans ce dossier, avait lui aussi reçu un violent coup de poing au visage. La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, était devenue virale.

"Lynchée, piétinée, brutalisée, dépouillée"

"Vous avez une fonctionnaire de police, lynchée, piétinée, brutalisée, dépouillée, qui a subi au final 30 jours d'incapacité totale de travail", a rappelé la procureure Céline Mietka mercredi dans son réquisitoire qui a été, dans l'ensemble, suivi, voire pour certains prévenus alourdi.

À la barre, la policière, qui a été mutée en province à sa demande après son agression, a témoigné mardi d'une voix forte et posée. Avant d'évoquer, entre deux sanglots, l'impact dévastateur de la diffusion de la vidéo de son agression sur elle et sur ses proches.

"Ils m'ont brisée, je ne suis plus la même personne qu'il y a trois ans", a-t-elle souligné. "J'étais une personne festive, j'ai arrêté de le faire, j'avais la boule au ventre de sortir."

Quatre mineurs jugés ultérieurement

À la barre, Quentin D. et Jean-Baptiste D., ont reconnu les faits, expliquant avoir agi sous l'effet de l'alcool ou invoquant l'effet de groupe.

Emmanuel C. et Carina D. ont eux assuré ne pas avoir pensé à mal ni avoir réfléchi aux conséquences avant de filmer pour l'un, diffuser pour l'autre la vidéo sur les réseaux sociaux.

Quant à Deami M., poursuivi pour non-assistance à personne en danger avec Bruce M., il a estimé s'être retrouvé "au mauvais endroit au mauvais moment".

La plupart des prévenus n'avait pas de casier judiciaire.

Quatre mineurs sont également poursuivis dans cette affaire et seront jugés ultérieurement devant le tribunal pour enfants. Le procès d'un autre majeur a lui été renvoyé au 22 mars 2021.

Article original publié sur BFMTV.com