Jupiter aurait été percutée par une planète géante il y a des milliards d'années

Grégory Rozières

SCIENCE - Depuis son arrivée autour de Jupiter en 2016, la sonde Juno de la Nasa scrute la géante gazeuse. Elle prend de magnifiques photos, mais analyse aussi de nombreuses autres données, comme le champ gravitationnel de la planète.

Or, ces relevés ont dévoilé une étrangeté qui a aiguisé la curiosité des chercheurs: l’enveloppe gazeuse de Jupiter, normalement fluide et composée d’hélium et d’hydrogène, n’est pas si uniforme que cela. Des éléments plus lourds y sont présents, notamment pour la partie interne.

Dans une étude publiée dans Nature ce mercredi 14 août, des astrophysiciens pensent avoir trouvé la solution à cette énigme. Il y a des milliards d’années, alors que le Soleil était jeune et que le système solaire était encore en formation, fortement encombré, un gigantesque impact a eu lieu entre Jupiter et un embryon de planète.

Un embryon pour autant déjà gigantesque: équivalent à la masse d’Uranus, soit environ 10 fois celle de la Terre. La planète aurait alors fusionné avec le noyau de Jupiter, mais une partie des éléments qui composaient les deux planètes auraient été rejetés dans l’enveloppe gazeuse de la Jupiter naissante. C’est ce qui expliquerait la composition étrange de la géante gazeuse détectée par Juno aujourd’hui. 

Le scénario imaginé par les chercheurs implique que la collision ait été frontale. Ce qui expliquerait pourquoi Jupiter, à l’inverse des autres géantes gazeuses du système solaire, n’a pas un axe de rotation décalé. Celles-ci auraient été touchées par des objets plus petits, ou via une trajectoire moins frontale.

La théorie des chercheurs pourrait même, selon Nature, expliquer la singularité de certaines exoplanètes. On les appelle des “Jupiter chaudes”. Elles sont tellement massives que leur gravité aurait attiré l’équivalent de 100 fois la masse de la Terre d’éléments lourds.

Problème: c’est quelque chose de très difficile selon les modèles de formation des systèmes stellaires actuels, qui ne prennent pas en compte cette théorie des...

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