Jung Gwang-il veut libérer la Corée du Nord avec des clés USB

Libération.fr

Le Nord-Coréen, qui a fui après avoir été emprisonné dans un camp de travail, envoie des films dans son pays, via des drones, pour faire découvrir à la population le monde extérieur.

Que peuvent des blockbusters hollywoodiens ou des feuilletons sud-coréens contre l’impitoyable férule de la dynastie des Kim ? Créer un «changement graduel», prélude au «tournant radical» qui, tôt ou tard, se produira en Corée du Nord. Telle est en tout cas la conviction de Jung Gwang-il, fondateur et directeur de l’ONG No Chain for North Korea, installée à Séoul, de l’autre côté de la frontière. Depuis huit ans, ce transfuge s’emploie à faire parvenir clandestinement des contenus numériques de toute nature dans l’Etat le plus cadenassé au monde. Objectif : casser le «lavage de cerveau» qu’y subit la population, et montrer aux Nord-Coréens «la différence entre leur vie et l’extérieur».

On a rencontré le quinquagénaire sous le soleil de Valence (Espagne), qui accueillait la semaine dernière la troisième édition de l’Internet Freedom Festival. Devant un parterre attentif, Jung rappelle que dans le pays d’où il vient, «il n’y a pas d’Internet» - ou si peu, et pas pour le citoyen ordinaire. Pour autant, sa présence n’a rien d’un paradoxe. L’accès à l’information et à la culture, c’est son arme contre la dictature. Ici, il espère trouver «de nouvelles idées, de nouvelles méthodes, explique-t-il à Libération. Ce n’est pas la dernière fois qu’un transfuge vient dans ce festival».

L’histoire familiale et personnelle de Jung Gwang-il est faite de répression et d’exils. Dans les années 30, ses grands-parents ont fui la Corée, alors sous domination japonaise et pas encore divisée, pour rejoindre la Chine. C’est là qu’il est né, en 1963. Quatre ans plus tard, en pleine Révolution culturelle, son père, enseignant, est arrêté et emprisonné. En 1969, la mère de Jung et ses quatre enfants repassent la frontière dans l’autre sens.

«Esclavage». A ses yeux juvéniles, la vie paraît alors bien plus douce en (...)

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