Jumeaux retrouvés morts dans la Somme: la thèse d'un empoisonnement maternel se renforce

S.B.-E.
Un gendarme (Photo d'illustration). - DENIS CHARLET / AFP
Un gendarme (Photo d'illustration). - DENIS CHARLET / AFP

L'hypothèse d'un probable empoisonnement par leur mère de jumeaux de 13 ans, retrouvés morts samedi à leur domicile dans la Somme, semble se confirmer, selon les éléments livrés ce lundi par le parquet d'Amiens.

L'audition du fils aîné, qui avait été hospitalisé, a permis d'établir une "administration volontaire de médicaments en quantité importante au préjudice des trois enfants au cours de la soirée ou la nuit", a déclaré lors d'une conférence de presse le procureur d'Amiens, Alexandre de Bosschère.

Des autopsies sont en cours, "il s'agirait de morphine"

Les autopsies auront lieu lundi et mardi, et les résultats des prélèvements toxicologiques réalisés sur les victimes Erik et Thomas, sur leur aîné Théo, 15 ans, et sur leur mère de 42 ans, ne seront connus que dans plusieurs jours. Les analyses en cours diront quel produit a été utilisé mais "a priori, il s'agirait de morphine", a poursuivi le procureur.

L'enquête confié aux gendarmes a d'ores et déjà permis d'établir que samedi, vers 11 heures, la mère de famille s'est rendue chez des voisins, à Poulainville, "dans un état anormal et hagard" déclarant avoir "fait une grosse bêtise". Ces derniers se sont alors rendus à son domicile et ont découvert dans une chambre Théo, indisposé, puis les jumeaux Erik et Thomas inanimés. Ils ont aussitôt alerté les secours. De très nombreux médicaments, dont certains avaient été écrasés, ont été retrouvés, notamment à proximité des corps.

"La mère de famille était soignée pour dépression depuis plusieurs années et présentait d'autres problèmes de santé", a souligné le procureur sans entrer dans le détail.

La mère placée en hôpital psychiatrique

"Inconnue de la justice", elle a été hospitalisée au centre Philippe-Pinel dimanche soir dans une unité psychiatrique sous contrainte. Elle sera placée en garde à vue et entendue dès que son état le permettra.

Le père des enfants, qui vivait séparé de sa femme depuis 2018 - une procédure de divorce était en cours - s'est rendu auprès de son fils aîné dès son hospitalisation. Il a également été entendu.

La mère était installée dans cette maison depuis plusieurs années, avait indiqué samedi à l'AFP une source proche de l'enquête. Une cellule d'écoute a par ailleurs été activée par le rectorat au collège Jules-Verne de Rivery, où étaient scolarisés les enfants victimes.

Article original publié sur BFMTV.com