Julien, l'autre Le Pen, lutteur syndicaliste et libertaire

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Le méconnu Julien Le Pen est représentatif d'un courant aujourd'hui éclipsé par l'historiographie. Julien Le Pen, un lutteur syndicaliste et libertaire Sylvain Boulouque Atelier de Création Libertaire 2020 372 pages 18€ Il y a au départ de ce livre une provocation en raison de l'homonymie, qu'il n'est pas nécessaire de la développer. Ce travail de recherche commencé par un article s'est transformé en un fort volume d'histoire par les textes. À travers le personnage, ses textes et ses déclarations de congrès, l'objectif a été de reconstituer l'histoire d'un courant disparu du monde ouvrier. Courant paradoxal, celui des libertaires révolutionnaires chez les réformistes et réformistes libertaires chez les révolutionnaires. Cet ouvrage est une forme de biographie documentaire, encore lacunaire, plusieurs éléments de la vie de Julien Le Pen n'ont pas été retrouvés –y compris sur un plan physique son visage demeure inconnu. Il est pourtant représentatif d'un courant aujourd'hui éclipsé par l'historiographie, la place des libertaires dans les grandes organisations syndicales et aussi de la vie ouvrière de la Belle époque jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. Le Pen et le syndicalisme Julien Le Pen est né en 1878. Il est issu d'une famille bretonne d'extraction modeste, les parents sont devenus cheminots. Un monde à la lisière entre monde rural et société industrielle. Le Pen arrive à Paris au tournant du siècle. Il travaille dans une profession à statut, garantie par sa haute qualification, même si les salaires dans les métiers du bâtiment demeurent faibles. Il se politise dans les milieux syndicalistes révolutionnaires dont les militants sont très présents dans le bâtiment. La «bâtisse» appartient alors aux professions combatives. C'est à la faveur de la guerre qu'il prend une place importante dans ce mouvement... Lire la suite sur Slate.fr.