Julien Cottereau : le clown qui joue l'enfant pour rendre hommage à son grand-père

On se marre, on est ému et on est bluffé par l’investissement physique du circassien Cottereau.

« Papi, papi… ». Luttant contre des rafales de vent et briquet à la main, un homme entre dans un cirque décati à la recherche de son passé. Tout cela il faut le visualiser car Julien Cottereau – chemise et pantalon rayé – est seul en scène, sans autre décor que nos imaginations sollicitées. Pendant environ 1h10, celui qui est aussi comédien et bruiteur va nous prendre par la main pour un voyage onirique mais sacrément cadencé.

Le périple lui a été inspiré par la mémoire d’un pépé parti en novembre 2018. Charcutier-traiteur au Mans, il s’est occupé de lui après le divorce de ses parents. Amateur de la bande-dessinée Bibi fricotin, il surnommait son petit-fils « Bibi ».

Plus fendard que Marcel Marceau

Sitôt son nez rouge chaussé et son gilet rouge de Monsieur Loyal à sequins enfilé, l’ancien pensionnaire du Cirque du Soleil nous emmène sur ses traces et les trouve à peu près où il veut. Préparez-vous à marcher en équilibre sur un fil, faire des selfies et danser la techno sous l’eau et à jouer les hommes (ou les femmes) - canons. Le théâtre de Julien Cottereau est généreusement participatif et, que vous soyez assis au premier ou au dernier rang, vous risquez de faire un petit tour sur scène. Si les grands espèrent passer entre les gouttes, les enfants font les timides mais rêvent secrètement d’y aller.

C’est que ce mime-là est un poil plus fendard que Marcel Marceau ! Dévoré par le clown qui est en lui, il pète, souffle, rit, crie, chuchote, lance des fumigènes et des couteaux, s’énerve quand on ne le comprend pas (ça arrive) et va chercher sa dose de tendresse dans les rangs, sous la forme de longs câlins à des spectateurs désarçonnés. Désespérément en quête d’amour, ce zig n’est jamais seul. Il y a du cartoon chez lui, à la croisée des

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