"Julien Clerc, licences et préférences", par Anna Cabana

À le regarder se mordre la lèvre inférieure comme les enfants timides alors qu'il est trois fois grand-père et qu'il est l'une des rares stars encore vivantes de ce que l'on appelait la chanson française, je me suis dit que j'aurais voulu être une artiste. Pas parce que Julien Clerc ferait son numéro comme dans la chanson, non. Il ne fait pas exprès d'avoir à 72 ans l'air d'être un "garçon" – c'est le premier mot qui lui est venu quand il m'a parlé de lui. Avant de le rencontrer, je n'aurais pas dit que la vie de saltimbanque conservait son homme. J'étais persuadée que ça vous consumait plus vite, plus intensément, plus radicalement. Maintenant j'ai compris que ça ne vaut pas pour les artistes sages. Julien Clerc a beau avoir été tenu jadis pour un soixante-huitard, il est "dans les clous", selon son expression. "C'est mon problème, d'être comme ça", commente-t-il en caressant sa tasse de thé. Primo, donc, il boit du thé à l'heure de l'apéritif – bon, d'accord, il s'autorise quelques licences : il le sucre et il renverse le lait qu'il cherche à verser dedans, mais enfin ça reste très peu subversif…

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Ce serait peut-être bien à mon âge d'avoir une maison à moi

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Secundo, il vit à Londres depuis cinq ans mais il paye ses impôts en France. Ça, je le lui ai fait répéter deux fois. "Pour moi, l'exil fiscal, c'était partir pour de mauvaises raisons. Je ne suis pas parti comme les gens qui prennent l'Angleterre pour le paradis fiscal que ça n'est pas. Ou alors il faut être Afflelou ...


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