Julien Bobroff : «Le temps s’écoule plus lentement en haut de mon nombril qu’en… bas»

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Paris Match. Grâce à notre capacité à isoler des atomes individuellement, on fabrique aujourd’hui des horloges d’une précision inouïe. Et qui permettent de mesurer l’écoulement du temps dans des proportions incroyables, n’est-ce pas ?

Julien Bobroff. La relativité restreinte nous apprend que le temps s’écoule différemment, selon la vitesse à laquelle on se déplace. Et en fonction de notre distance, par rapport à la masse d’un objet. C’est vérifié depuis plus de 100 ans. Avec des horloges de plus en plus précises, au 10eme de millimètre. On voit qu’elles avancent plus ou moins vite, selon leur proximité avec le centre de la terre. Donc si je prends une horloge et je la baisse d'un dixième de millimètre, je vois que le temps s'écoule plus vite. Je peux donc « voir » qu’en haut de mon nombril, le temps s'écoule plus lentement qu'en bas de celui-ci. Et aujourd’hui, les physiciens retournent l’expérience pour mesurer la gravité, par le temps.

On s’en sert même pour mesurer l’activité d’un volcan désormais !

Pas grâce à une horloge mais à un interféromètre quantique. On lâche un atome qui tombe, en raison de la gravité. Pendant sa chute, on le bombarde de rayons lasers, pour qu’il se dédouble. Et qu’une partie de lui chute plus vite. Puis, on se débrouille pour le ralentir et qu'il se recombine avec lui-même. Et on mesure au milliardième près. Si la gravité a légèrement changé, la recombinaison va changer un peu. Et permettre, de savoir que du magma passe sous nos pieds à ce...


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