Les juges plus sévères le ventre vide ?

Par Alice Pairo-Vasseur
·1 min de lecture
Cette variable – a priori sans incidence sur un jugement supposé mécanique et rationnel – pourrait, de l’avis d’universitaires, influer sur le verdict du tribunal.
Cette variable – a priori sans incidence sur un jugement supposé mécanique et rationnel – pourrait, de l’avis d’universitaires, influer sur le verdict du tribunal.

Et si une décision de justice reposait sur ce qu'a mangé le juge au petit-déjeuner ? Cette variable ? a priori sans incidence sur un jugement supposé mécanique et rationnel ? pourrait, de l'avis d'universitaires, influer sur le verdict du tribunal.

Pour injuste que soit le constat, il repose sur une étude scientifique, parue en avril 2011, dans l'éminente Revue de l'Académie nationale des sciences des États-Unis. Titrée « Les facteurs externes d'une décision judiciaire », elle répertorie, graphiques à l'appui, 1 112 décisions de libération conditionnelle dans des prisons israéliennes, et établit un lien de corrélation entre le sort du justifiable et? la faim du magistrat.

« Nous avons trouvé que la probabilité d'une décision favorable [au détenu, NDLR] est plus grande tout au début de la journée de travail ou après chaque pause [collation et repas], que plus tard dans l'examen des dossiers [?] 95 % des décisions favorables au début de chaque séquence [aboutissant] à quasi zéro à la fin. Pour les détenus, il y a donc un net avantage à comparaître au début de chaque séquence, en début de journée ou à chaque reprise après chacune des deux pauses » résument alors les trois chercheurs, dans la veine de l'école américaine du « réalisme juridique » (« sociological jurisprudence »).

Asthénie

En cause, la fatigue cognitive des huit juges (dont deux femmes) forts de plus de vingt ans d'expérience et observés dix mois durant. Et un processus mental, atrocement simple et [...] Lire la suite