Avant le jugement, l'affaire du Mediator est déjà un séisme pour le médico-légal

Lucie Oriol
·Journaliste au HuffPost
·1 min de lecture
Une boîte de Mediator (Photo: Pascal Rossignol via REUTERS)
Une boîte de Mediator (Photo: Pascal Rossignol via REUTERS)

SANTÉ - “On ne peut pas comprendre Jacques Servier tant qu’on n’a pas compris qu’il se prenait pour Dieu!”. C’est par ces mots particulièrement virulents que l’avocat Jean-Christophe Coubris entame le chapitre consacré à l’affaire du Mediator dans son livre paru le 17 mars, Au nom de toutes les victimes (Flammarion).

Le conseil, habitué des scandales sanitaires, y narre le dossier dans lequel avec son cabinet il a accompagné depuis 10 ans près de 2600 victimes de cet antidiabétique largement utilisé comme coupe-faim. Le jugement est attendu ce lundi 29 mars après sept mois d’un procès pénal qui a vu entre autres la mise en examen du laboratoire Servier et de son ex-numéro 2, Jean-Philippe Seta pour “tromperie aggravée”, “escroquerie” et “homicides et blessures involontaires”.

Un procès hors norme par les chiffres - 350 avocats, plus de 6000 parties civiles, 23 prévenus, plus de 100 journées d’audience, deux réquisitoires de neuf heures chacun - mais aussi parce qu’il a bousculé le monde médico-légal.

La reconnaissance des victimes

“L’affaire du Mediator, c’est un peu la caricature de tout ce qui n’allait pas dans le système”, estime auprès du HuffPost Jean-Christophe Coubris, déjà conseil des victimes dans les affaires de la Dépakine, des prothèses PIP ou de l’affaire Naomi Musenga. “Du jour au lendemain, on a montré qu’un laboratoire pouvait agir contre les patients alors qu’il avait connaissance du danger. Cette recherche du profit, c’est le point commun de toutes les affaires sanitaires que j’ai eu à traiter”.

Avant le Mediator, les laboratoires Servier s&rs...

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.