Le jubilé d'Elizabeth II, un ultime répit pour Boris Johnson?

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
La reine Elizabeth et le Premier ministre Boris Johnson, dont les jours sont peut-être comptés en raison du Partygate. (Photo: WPA Pool via Getty Images)
La reine Elizabeth et le Premier ministre Boris Johnson, dont les jours sont peut-être comptés en raison du Partygate. (Photo: WPA Pool via Getty Images)

La reine Elizabeth et le Premier ministre Boris Johnson, dont les jours sont peut-être comptés en raison du Partygate. (Photo: WPA Pool via Getty Images)

ROYAUME-UNI - Boris Johnson vit-il ses derniers jours au 10, Downing Street, la demeure des Premiers ministres britanniques? Dans la tourmente après les révélations sur le scandale du Partygate, ces fêtes parfois très arrosées pendant les confinements, le dirigeant conservateur est sous la menace d’une motion de censure. Celle-ci pourrait être votée dès la fin des célébrations du jubilé de platine de la reine Elizabeth qui débutent ce jeudi 2 juin.

Le Partygate, qui a éclaté il y a plusieurs mois, a été éclipsé un temps par la guerre en Ukraine. Mais mercredi 25 mai, le rapport final de la haute-fonctionnaire Sue Gray a livré de nouveaux détails sur 16 événements organisés à Downing Street, ou dans les alentours, entre mai 2020 et avril 2021. Boris Johnson avait déjà reconnu avoir participé à plusieurs d’entre eux et a même reçu une amende 50 livres (60 euros) pour non-respect du confinement, une première pour un chef de gouvernement en exercice.

Les dernières révélations, photos à l’appui, ont remis le Royaume-Uni en ébullition et réveillé les appels à la démission dans le propre camp de l’ancien maire de Londres. De quoi faire craindre au Premier ministre une motion de censure, qui sera déclenchée lorsque 54 députés conservateurs auront envoyé une lettre au comité 1922 -le groupe parlementaire des conservateurs- présidé par Graham Brady.

Le nombre de lettres connu d’un seul

La presse spécule depuis plusieurs jours sur le nombre de courriers envoyés et chaque média tient ses comptes. SkyNews a calculé que près de 28 députés avaient appelé publiquement à sa démission, certains précisant publiquement avoir envoyé leur lettre. Le Guardiandonne de son côté 18 députés qui ont envoyé une lettre et l’ont annoncé, 13 qui ont appelé à la démission sans donner plus de précision, et 13 qui sont juste très critiques de Boris Johnson. De son côté, le Financial Timesévoque une quarantaine de courriers envoyés au comité 1922.

Parmi les derniers députés à avoir publiquement pris parti: John Stevenson, qui fait part dans un communiqué, de sa “déception après les révélations sur les activités au 10, Downing Street” et dénoncé la mauvaise gestion de cette crise.

BusinessInsider va plus loin. Selon les sources de la journaliste Catherine Neilan, les 54 lettres seraient déjà sur le bureau de Graham Brady. Elle rappelle néanmoins sur Twitter que seul le président du comité connaît le nombre exact de lettres puisque la procédure reste secrète. Il faut donc rester prudent sur les chiffres relayés.

Pas de vote pendant le jubilé de platine

Si le nombre a effectivement été atteint, pas question en revanche pour les députés d’organiser le vote pendant la pause parlementaire et encore moins pendant les festivités royales du week-end. De l’avis même de Catherine Neilan, Graham Brady attendrait de laisser passer ces quatre jours de célébrations avant de lancer la procédure. Un temps de respiration symbolique et de quoi laisser les Britanniques, comme Boris Johnson, profiter d’un moment d’unité autour du totem de la monarchie.

Sitôt la fête terminée, tout risque cependant de s’accélérer. Plusieurs députés ont rapporté à Business Insiderque le vote pourrait se dérouler dès mardi prochain, voire “fin juin”, selon l’ancien leader du parti William Hague.

Une échéance qui s’ajoute à une autre épreuve, prévue elle aussi fin juin: les législatives partielles du 23 juin. Après la déroute d’un précédent scrutin partiel en mai, c’est une nouvelle débâcle qui est attendue dans les deux circonscriptions où le vote doit se dérouler. De quoi enterrer définitivement l’image de faiseur de rois de Boris Johnson, arrivé au pouvoir en 2019 avec la plus grosse majorité conservatrice depuis 1987.

Pour un Britannique sur six, BoJo doit partir

Celui qui a longtemps été qualifié de Premier ministre “Teflon”, imperméable -ou presque- aux scandales, perd cette fois le soutien des Britanniques. De 66% d’opinions favorables en avril 2020, le baromètre YouGov estime que seulement 26% de la population a désormais une image positive du Premier ministre (ligne verte dans le graphique ci-dessous). Pis, 1 habitant sur 6 pense qu’il devrait démissionner.

Boris Johnson fait aussi les frais d’une inflation au plus haut depuis 40 ans, et dont l’opposition ne cesse de se saisir pour accuser le gouvernement de ne pas agir suffisamment.

Cote de popularité de Boris Johnson (Photo: YouGov)
Cote de popularité de Boris Johnson (Photo: YouGov)

Cote de popularité de Boris Johnson (Photo: YouGov)

Pour se racheter auprès de l’électorat pro-Brexit, Boris Johnson devrait annoncer pendant les célébrations du jubilé le lancement d’une consultation sur le retour des unités impériales à la place du système métrique. Une mesure aux accents populistes pour souligner le retour de la souveraineté britannique, alors que le gouvernement peine à montrer les effets positifs de la sortie de l’UE.

Il reste peu probable que cette décision symbolique détourne l’attention des détails gênants du Partygate, d’autant que le Premier ministre n’a pas l’intention de changer de ligne. Ce mercredi 1er juin, dans une interview à The Independent, il s’est à nouveau excusé mais a encore refusé de démissionner: “Je ne vois pas comment il serait responsable pour moi d’abandonner maintenant, avec tout ce qu’il se passe. (...) Je suis toujours là parce que nous avons de gros problèmes au niveau économique et nous avons la plus grande guerre en Europe depuis 80 ans.”

S’il survit à la motion de défiance, Boris Johnson ne pourra plus être inquiété pendant un an par cette procédure. Il restera cependant en danger puisque le Parlement a ouvert une enquête interne dont les conclusions doivent être rendues d’ici à l’automne. S’il s’avère qu’il a menti devant les élus lorsqu’il a assuré que les règles avaient été respectées pendant le confinement, il devra démissionner comme l’impose le code ministériel. Et entamer sa 9e vie de chat comme le veut désormais la formule quasi consacrée outre-Manche?

À voir également aussi sur le Huffpost: Jonhson présente ses excuses pour la fête à Downing Street en plein confinement

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI:

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles