"Jours redoutables", les douze nouvelles de l'Américaine A.M. Homes

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Dans les lettres comme dans les affaires, certaines signatures valent pour garantie et celle de l'Américaine A.M. Homes nous dit que les sujets seront traités comme ils le méritent, sans souci d'épargner personne. Jours redoutables tient les promesses de son titre. On ne peut guère attendre moins de celle qui publia la terrible et magistrale Fin d'Alice, qui contait la vie en prison d'un pédophile impénitent. Les nouvelles livrées dans ce recueil s'intéressent à des monstres plus ordinaires - des Américains d'aujourd'hui, et des Californiens de nos lendemains caniculaires. Mais A. M. Homes garde le même regard impitoyable, et la même inclination à varier les formes.

Le salon national pour animaux de compagnie, par exemple, se présente comme la transcription d'un fil de discussion virtuel dévolu aux amateurs d'oiseaux, sur lequel dialoguent une mineure new-yorkaise et un démineur en poste en Afghanistan - et c'est ainsi que l'histoire d'une agression sexuelle et celle d'une explosion d'engin piégé se mêlent à des échanges sur l'alimentation des perruches! Et que dire de la nouvelle-titre, Jours redoutables, où l'auteur d'un best-seller sur l'Holocauste se voit conviée à un salon sur "le(s) Génocide(s)" où les invités reproduisent, entre eux, les mécanismes d'exclusion à l'œuvre dans ces génocides qu'ils dénoncent tous! Certes, la romancière n'est pas exempte de contradictions : homosexuelle, elle a une aventure avec un correspondant de guerre ; ensemble, ils jouent à des jeu...


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