Journaux intimes Toute honte lue

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Passions fugaces, dépits amoureux, complexes en tout genre… Importées des Etats-Unis, les soirées Mortified où des invités lisent sur scène leur journal intime de jeunesse arrivent en France.

«J’ai envie de me sentir désirée. Je suis vraiment conne.» Cet aveu désespéré est tiré d’un journal intime, un objet que les moins de 20 ans possédant un compte SnapChat ne peuvent pas connaître. Lors des soirées Mortified, il s’agit pour une poignée d’anonymes de revisiter sur scène des écrits de jeunesse pas toujours reluisants. Des pages noircies en catimini sous la couette, dans le dos des parents ou à la pause sur les bancs de l’école. Une troisième édition a fait salle comble mercredi 8 mars, dans les sous-sols du théâtre du Gymnase (Paris Xe).

Lors d’une réunion préparatoire à la soirée, on croise l’un des inscrits, Nicolas, 29 ans, cuisinier originaire de Versailles, venu avec, sous le bras, son vieux carnet griffonné d’amoureux transi. Cœur d’artichaut, il se souvient avec émotion de sa naïveté. «Dès que j’étais avec une fille, je tombais facilement amoureux. Et quand j’en rencontrais une autre, je tombais aussi amoureux de celle-là.» A l’époque, il couchait par écrit ses lamentations avec une complaisance mélodramatique : dans ses notes, on peut lire, «Je reprends le cycle infernal : la vie. […] J’ai 16 ans et je n’ai jamais connu l’amour.»

Chez Mortified, chacun se présente escorté sur scène des vestiges de son enfance, carnet à cadenas avec couverture rafistolée, calepin Moleskine, agenda customisé recouvert de cœurs, d’autocollants, de petits mots ou de signatures de camarades oubliés depuis. L’examen rétrospectif de ces textes révèle des obsessions communes : épanchement amoureux souvent versatile (l’être aimé qui change parfois toutes les semaines est toujours évoqué avec la même ferveur), bilans météo, relevés de notes, poèmes enflammés et comptes rendus qui reconstituent minutieusement des événements insignifiants de la vie du bahut. Autour de thèmes familiers (...)

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